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Transport Ferroviaire: La SETRAG comme la SEEG ?

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Dans la livraison du quotidien l’Union du 20 février dernier, notre confrère remet au goût du jour la réalité pour le moins triste qui prévaut sur le chemin de fer gabonais, où  subsistent jusqu’alors de nombreux problèmes qui mettent en mal le bon fonctionnement de l’activité ferroviaire. Non sans mettre en danger les usagers qui empruntent le train pour se rendre dans l’hinterland. En début de semaine dernière, l’on annonçait le déraillement du train minéralier de la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG) dans la zone des gares de Ndjolé et Abanga.

Conséquences, plus de 3000 tonnes de manganèse éparpillées dans la nature, avec tout ce que cela occasionne en termes d’impact de la radioactivité. Mais il y’a également à relever les dommages causés à l’économie du pays. Pendant plus de quatre jours, le trafic sur le chemin de fer avait été interrompu pour permettre la remise en service de la voie ferrée.

Et comme si cela ne suffisait pas, deux jours après la reprise du trafic sur le chemin de fer, c’était au tour du train voyageur de tomber en panne en pleine forêt. Cela aura eu pour conséquence fâcheuse que les voyageurs ont été contraints de parcourir de nombreux kilomètres en forêt, à la merci des bêtes sauvages dont le risque demeure grand à pareille situation. Il n’échappe à personne que la forêt gabonaise est bondée de fauves qui peuvent à tout moment s’en prendre aux passagers de la SETRAG, en dérive dans la forêt par la faute des caprices d’un trafic ferroviaire qui laisse sérieusement à désirer.

La question que l’on est en droit de se poser est de savoir, pourquoi ces manquements perdurent sur le chemin de fer, alors même que le concessionnaire a obligation d’offrir un service de qualité aux usagers ?

On va tenter d’apporter un début de réponse à ce qui peut être l’origine d’un tel laisser-aller.  Primo, il se dégage que la concession entre l’Etat et la SETRAG apparait plus comme un marché de dupes que tout autre chose. Des sources concordantes, autre fois, à l’époque de l’OCTRA qui était une compagnie d’Etat, les choses auraient été faites de sorte que des avantages multiformes ont été accordés à la compagnie ferroviaire lui permettant de faire son bonne-homme de chemin, sans trop de difficultés. La preuve, c’est qu’à cette époque, le président du conseil d’administration et les directeurs généraux étaient nommés en conseil des ministres.

Puis, à l’avènement de la privatisation, ceux qui ont eu la charge de rédiger les termes de la concession d’avec la SETRAG ont transposé au concessionnaire l’entièreté des avantages  jadis accordés à l’OCTRA par l’Etat. Depuis lors, la SETRAG en jouit pleinement sans trop faire d’efforts pour tenir son matériel et surtout la voie ferrée en bon état.  Bien au contraire, il se susurre que l’Etat est appelé à y mettre encore des moyens énormes pour la construction des ouvrages d’art.

Du coup, pour une large opinion, au regard des manquements graves encore observés sur la voie ferrée, il serait peut-être temps que l’Etat examine en profondeur les termes de la concession passée avec la SETRAG. Le cas échéant, rompre pourquoi pas celle-ci, comme c’est le cas avec la SEEG-Veolia. Pas forcement au profit d’un autre profito-situationniste mal intentionné.

 

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