Accueil Economie Suppression de la Haute Autorité: Entre flou et discrédit…

Suppression de la Haute Autorité: Entre flou et discrédit…

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 L’annonce de la suppression de cette entité aurait dûe se faire une fois la nouvelle entité déjà prête à être mise en place. Autrement dit, le même communiqué du conseil des ministres aurait, par la même occasion, annoncé la supression de l’ancienne entité et la création de la nouvelle. Pour éviter ce qui apparait comme un flottement juridique du moment.    

 Le flou, c’est le terme approprié pour expliquer la réalité qui prévaut au sein de l’ex-autorité de mise en œuvre des mesures de sûreté de l’aviation civile, à l’Aéroport International Léon Mba de Libreville, la Haute autorité en l’occurrence. L’entité qui voit le jour conformément aux normes et recommandations de l’Organisation de l’aviation civile international (OACI) a été supprimée par décision du conseil des ministres il y’a un peu plus d’une semaine.

 Seulement, cette décision intervient sans que la puissance publique, par la même décision,  ne mette en place une autre structure devant s’occuper du traitement des vols. De même que l’on relève l’absence d’une instance intérimaire pour assurer ne serait-ce que les affaires courantes en attendant l’avènement de la nouvelle structure qui demeure à la limite une vue de l’esprit. Du coup, il apparait un vide juridique difficilement justifiable qui, si rien n’est fait dans l’urgence, peut porter à débit pour le Gabon et lui valoir l’interpellation de l’organe international de régulation de l’activité aéronautique (OACI). Toute chose qui viendrait alourdir le tableau déjà très peu reluisant de la situation d’ambigüité dans laquelle le pays exerce l’activité aéronautique, avec la fameuse liste noire de l’Union Européenne qui continue de porter un sérieux discrédit au Gabon.

Administration à coloration civilo-militaire, la Haute Autorité fonctionnait avec à la tête un officier des forces de sécurité ou de défense, avec un personnel composé d’agents contractuels civils assermenté, auquel s’ajoutait un effectif moyen de policiers. Pour prétendre exercer la sûreté de l’aviation civile il faut pour l’agent de sûreté être préalablement doté des rudiments requis en la matière. En d’autre terme, on ne parachute pas n’importe quel tartempion dans le domaine, il est question avant tout de la sûreté de l’Etat. Seulement, à la lecture de l’opinion nationale et internationale, la décision de suppression de cette entité renvoie à l’inexistence à l’aéroport Léon MBA d’une structure chargée de la mise en œuvre des mesures de sûreté. En d’autre terme, le fret des avions au départ de l’aéroport de Libreville n’est plus traité, un sérieux problème. Elle n’a pas tort, dans la mesure où la décision gouvernement reste silencieuse sur qui a la charge des mesures de sûreté, en attendant la mise en place de la nouvelle structure annoncée.

 Les textes en vigueurs, à savoir l’annexe 17 de l’OACI, prévoit le traitement des bagages par une structure certifiée, avant que ce fret aérien ne soit embarqué dans les avions. L’une des dispositions de ces textes est : « pas de fouille des bagages, pas de vol ». Disposition universelle depuis les attaques terroristes du World Trad Center à New York aux Etats-Unis le 11 septembre 2001. Ils visent justement la sécurisation des avions et des passagers. La Haute Autorité pour le cas du Gabon, assure aux passagers un voyage dans des conditions de sûreté optimales au départ des aéroports du pays depuis plus de quinze ans.

 Un cadre du domaine s’exclame : « pourquoi  n’ont-ils pas attendu que la nouvelle structure soit désignée par la même décision avant décider de la suppression de la haute autorité qui normalement n’existe plus à partir du moment où cela a été dit par le gouvernement ».  Et dire que face à un tel imbroglio, l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) ne dit mot pour tenter  de dissiper le doute qui les personnels de l’entité supprimée, et fonctionnaires devraient normalement être remis à leurs administrations d’origine. La collecte de la redevance sûreté pose déjà problème. A Port-gentil par exemple, l’ASECNA aurait opposé le refus de mettre à la disposition des agents de l’ex-Haute autorité les fonds collectés, tirant argument de ce que ces agents n’ont plus qualité de parler au nom d’une entité officiellement supprimée par le gouvernement.

 

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