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Sortie du Royaume –Union européenne: L’Afrique peut –elle tirer son épingle du jeu ?

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Brexit/©DR

Le Royaume – Uni a officialisé son départ de l’Union européenne, comme le souhait avait été initialement émis par la majorité de ses concitoyens lors d’un référendum qui s’est tenu le 23 juin 2016. Ce processus, communément appelé « Brexit », construit sur les mots Britain (« Grande – Bretagne ») et Exit (« Sortie »), est devenu effectif dans la nuit du vendredi 31 janvier au samedi 1er février dernier.

Depuis lors, les avis diffèrent sur les conséquences du Brexit, notamment vis – à – vis du continent noir. Si d’aucuns pensent, à l’instar de l’économiste Jean –Joseph Boillot, que cette sortie « sera tout bénéfice pour le Royaume – Uni comme pour ses partenaires africains », certains estiment que la couronne britannique, sans l’Europe, verra sa marge de manœuvre réduite, notamment dans les négociations pour obtenir des parts de marché sur le continent. En effet, la Grande – Bretagne débarque sur le tard dans un espace courtisé, aujourd’hui, aussi bien par les grandes puissances que les pays émergents, qui disposent d’importants moyens : pour occuper le terrain, la Chine, le Japon, l’Inde, la Turquie, la Russie et l’Allemagne tiennent la dragée haute aux partenaires historiques de l’Afrique que sont les Etats – unis et la France. Selon des experts, la redécouverte du continent africain post – colonial par la Grande – Bretagne s’explique par les choix géopolitiques des Britanniques au cours des cinquante dernières années : au sortir de la colonisation, Londres a privilégié ses liens avec le monde anglophone – les Etats – unis et le Commonwealth -, ainsi qu’avec l’union européenne depuis qu’elle a rejoint l’ensemble européen en 1973. Pendant longtemps, elle s’est contentée de mettre uniquement en avant la dimension humanitaire de sa présence en Afrique, devenant, ainsi, l’un des principaux contributeurs de l’aide au développement, notamment à travers le Fonds européen de Développement, qui est le principal instrument de l’UE d’aide au continent noir. Le Royaume – uni n’a pas su transformer sa position dominante en matière de financement du développement en influence politique ou sécuritaire.

Devenir le principal investisseur du G7 en Afrique

Le Premier ministre Boris Johnson et ses partisans ont toujours défendu les bienfaits d’une sortie de l’UE, notamment la capacité de négocier ses propres accords commerciaux à ses propres conditions pour le bénéfice de ses propres citoyens. C’est pourquoi, sans attendre la date fatidique, Londres, qui est déjà le second plus grand investisseur en Afrique, avec 35,7 milliards d’euros – plus de 23.000 milliards de FCFA – a pris les devants pour pérenniser, voire amplifier ses échanges avec le continent. Plusieurs accords commerciaux « hors union européenne » ont ainsi été signés afin d’assurer la transition et ne pas faire perdre aux pays africains concernés les avantages du Système généralisé de Préférence (GSP) ou de l’Accord de partenariat économique (APE), le traité de libre – échange signé entre l’UE et les 79 pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). Signe que cet appel du pied avait été entendu, pas moins de 21 pays africains étaient présents lors du tout premier sommet Afrique – Grande – Bretagne, organisé le 20 janvier dernier, à Londres. A tous les chefs d’Etats du continent qui ont fait le déplacement de Londres, Boris Johnson a assuré que le Royaume – uni demeure une « puissance globale ouverte sur le monde » et que Londres sera un partenaire pour l’Afrique « contre vents et marées ». Avec plus de 7 milliards d’euros – 4.585 milliards de FCFA – de contrats conclus lors de ce sommet, couvrant divers secteurs comme les infrastructures, l’énergie, la vente au détail et la technologie, le Premier ministre britannique avait de quoi se réjouir, d’autant plus qu’en 2019, le commerce avec l’Afrique a bondi de près de 14%, à 21, 17 milliards d’euros – plus de 13.000 milliards de FCFA – et les investissements ont progressé de 7,5% à 66,30 milliards d’euros – plus de 43.000 milliards de FCFA -. Une tendance que les Britanniques veulent décupler, surtout dans les secteurs des mines et de l’énergie. Au cours des trois prochaines années, 13,6 milliards d’euros – 8.908 milliards de FCFA – devraient être investis pour « stimuler stratégiquement l’afflux du secteur privé et renforcer la confiance avec l’Afrique ». En définitive, le Brexit est très avantageux pour l’Afrique, en ce sens qu’il représente non seulement une plus grande diversification de partenaires, mais aussi un apport supplémentaire de capitaux. Il revient à nos états de savoir tirer profit de la situation !!!!!!!!!!!!!!!

Yohan Freddy NGUEMA ZUE

 

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