Accueil Economie Reprise économique: L’espoir est-il permis?

Reprise économique: L’espoir est-il permis?

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Plus d’un mois aujourd’hui, depuis que le cours du baril de pétrole est largement repassé au-dessus de la barre des 50 dollars. Une embellie pétrolière, qui commence à susciter interrogations, doutes et inquiétudes en ce qui concerne la reprise effective des activités et l’accélération du programme de développement du pays.

Le cours du baril de pétrole a retrouvé des couleurs ces dernières semaines, au point de caracoler au-dessus de 70 dollars. Une hausse qui vient remettre sur la table le sempiternel problème de la gestion et des détournements des fonds issus des recettes pétrolières. Au cours de la période 2010- 2014 où le prix du baril de pétrole était évalué à plus de 100 dollars, les autorités ont plus fait parler du pays en termes de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite, augmentant ainsi, le niveau de la criminalité financière.  Il se susurre à la Commission Nationale de Lutte Contre l’Enrichissement Illicite (CNLCEI) que depuis le coup d’Etat électorale de 2009, jusqu’en 2012, c’est un peu plus de 2000 milliards de FCFA, qui se seraient volatilisés dans la nature. Des détournements orchestrés par plusieurs citoyens, dont certains sont à la prison centrale de Libreville, quand d’autres étant encore soutenues par le palais du bord de mer, continuent de mener la belle vie, au Gabon et à l’étranger avec l’argent du contribuable.

Alors que cette nouvelle embellie pétrolière commence à faire rêver certains, au gouvernement, l’inquiétude, elle, gagne en revanche de plus en plus de Gabonais. D’autant qu’en période de vaches grasses, les préoccupations basiques du gouvernement d’un pays en voie de développement comme la multiplication d’infrastructures scolaires, hospitalières, de routes de qualité… se sont arrêtées au niveau des déclarations de politique générale des Premiers ministres, ainsi qu’aux discours à la nation d’Ali Bongo Ondimba. Il est donc difficile, pour certains observateurs de la vie économique du pays de croire à une véritable relance économique. Le retard accusé étant devenu trop frappant dans plusieurs domaines.

De ce fait, si, avec un baril de pétrole à plus de 100 dollars, le pays n’a pas pu décoller, que peut-il à 70 dollars depuis la fin du mois de janvier dernier ? Que les infrastructures de développement abandonnées ici et là dans l’ensemble du pays sortent enfin de terre.

Question légitime, vu que, à part quelques infrastructures sportives, le reste stagne au stade des intentions et, surtout, des effets d’annonce. Les Gabonais peuvent-ils espérer une prise de conscience des gouvernants ? On peut en douter, surtout après 50 ans de gabegie.

 

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