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Réduction du train de vie de l’Etat Le Gabon touche le fond !

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Avec la rente pétrolière et autres ressources naturelles,  la fonction publique gabonaise, sous le régime cinquantenaire Bongo/PDG, a toujours été considérée comme un refuge de cancres et autres bras cassés de la République. Ici, la République a longtemps vécu des injustices des fossoyeurs qui ont toujours  nargué les rares méritants (de vrais diplômés). Résultat des courses : une administration pléthorique,  à la limite de la nullité, avec des gros avantages aux farfelus, au point que la fonction publique gabonaise est restée l’une des rares au monde à être le plus gros employeur, en termes de démographie. Mais cela ne pouvait pas durer une éternité. Place à la réalité !

«Suppression des cabinets des PCA ; suppression des rémunérations ; limitation de la rémunération du PCA aux jetons de présence ; suppression des véhicules de fonction des PCA ; baisse considérable des membres  des cabinets de l’administration de 24 à 16 par administration ;  suppressions des postes de chefs de cabinet des ministres, tous les postes de 2ème adjoint dans toute l’administration ; des DGA2, DCA2 ; SGA2…

Sur le plan salarial : réduction de 5% des salaires de plus de 650.000 Fcfa ; réduction de 10% des salaires supérieurs à 1.500.000 et de 15% les salaires supérieurs à 2.000.000… Les récentes mesures prises par l’exécutif pour faire face aux charges de l’Etat devraient permettre d’économiser 70 milliards par mois.

Conséquence d’une gabegie érigée en système de gouvernance. Car, il faut le dire, depuis l’avènement d’Ali Bongo, la masse salariale a vertigineusement grimpé depuis 2010, soit de 11%. Elle a augmenté de 70% entre 2010 et 2015. Et pourtant, en la matière, le fonds monétaire international a fixé un plafond pour chaque pays. Vraisemblablement, cette exigence, n’a pas été, dans un premier temps respecté. Puisque, désormais, la réalité implacable a fini par rattraper les pouvoirs publics gabonais, qui ont enfin décidé de faire amende honorable. Que de temps perdu !

Après avoir défié les institutions financières internationales en matière de la chose publique ; après avoir même « pactisé avec le diable » en entreprenant les travaux d’Hercule, entre autres, Le Transgabonais, on pense enfin à la norme. On pense enfin qu’un petit pays de moins de deux millions d’habitants, n’a pas besoin d’un gouvernement de 40 membres. Que sous d’autres cieux, le président du conseil d’administration est rémunéré par jetons de présence. Que la fonction publique n’est pas une administration politisée. Et que l’administration publique n’est pas  faite pour acheter les consciences de quelques opposants.

 Recruter à tour de bras. Voilà à quoi a servi l’administration publique gabonaise depuis ces derniers cinquante ans, sous le règne Bongo/PDG. Au sein des forces de sécurité et de défense, entre autres, la fonction publique a permis de caser, pour la plupart, ceux qui n’ont pas réussi à l’école et quelques «têtes en l’air » que certaines familles ne pouvaient plus contrôler.

Une autre catégorie a aussi constitué le gros des troupes qui ont envahi la fonction publique gabonaise : il s’agit de citoyens sans réel niveau qui, après un tour hors du pays, ont ramené quelques documents ressemblant aux diplômes. Ce sont ces personnes, pour la plupart, soutiens du régime, qu’on continue de protéger depuis la fin de l’audit de la fonction publique de 2011. Dont, curieusement, les résultats n’ont jamais été publiés officiellement.

Quid des articles 21 et 23 initiés par l’exécutif ? C’est par la magie de ces articles que plusieurs bras cassés de la République  ont été classés en haute catégorie, voire en hors catégorie dans l’administration publique, avec des titres d’administrateurs civils en chef et autres, sans avoir été à l’ENA ou tout autre grande école similaire. Ces derniers, il faut le préciser, constituent, eux aussi, les vrais soutiens du pouvoir. Pour corrompre certains opposants, le pouvoir usait aussi de ces textes.

A cette pagaille s’ajoute la pléthore systématique des gouvernements successifs du Gabon qui ont parfois atteint 50 membres. Avec des cabinets ministériels touffus. Sous les Bongo, le gouvernement est beaucoup plus une entité où les hommes et femmes politiques sont récompensés pour leur militantisme ou par transhumance politique. Evidemment, toutes ces nominations étaient agrémentées par de beaux cadeaux, à l’instar des grosses cylindrées. C’était pour consolider le pouvoir.

Pendant ces périodes de vaches grasses, les secteurs primordiaux d’un pays : l’éducation, la santé, la route… étaient relégués au second plan. Comme toute dictature, le secteur défense et sécurité (du régime) avait les plus gros budgets.

Cette gestion scabreuse tant décriée par la presse, l’opposition et certains bailleurs internationaux, ne pouvait durer une éternité. D’où, ces nouvelles mesures liées au train de vie de l’Etat. La souveraineté tant clamée par l’Exécutif à chaque fois qu’il est rappelé à l’ordre a fait place à la réalité.

Reste à savoir si avec l’austérité actuelle, le pouvoir cinquantenaire dont l’administration publique a toujours été l’un des bras séculiers, va encore tenir longtemps.

 

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