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Réduction du train de vie de l’Etat: Les diplomates du G20 plutôt sceptiques face aux explications du Premier ministre

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Le premier ministre et certains représentants lors de la rencontre/gabonreview;

Jeudi dernier, Emmanuel Issozé Ngondet, conseillé par certains de ses ministres, a eu une séance de travail  -séance d’explications plutôt- avec les ambassadeurs et représentants des pays membres du G20. Le Premier ministre gabonais allait à cette rencontre avec deux points faibles, à savoir la récente dégradation de la note du Gabon par l’institut Moody’s et les difficultés du Gabon à payer de manière régulière sa dette aux entreprises étrangères.  

Il y avait face à Emmanuel Issozé Ngondet, le 5 juillet dernier à la Primature, le Représentant de l’Union européenne (UE), ainsi que les ambassadeurs de France, d’Allemagne, d’Italie, de Russie, de Turquie et d’Afrique du Sud notamment. Le G20 est un forum de coopération économique et financière regroupant 19 Etats et l’UE. Il représente 85 % du PIB mondial, 75% du commerce international et 80% de l’investissement global dans le monde ! Autant dire que, sur le plan économique mondial, rien ne se passe sans eux !

Le Représentant Helmut Kulitz de l’Union européenne et les ambassadeurs du G20 sont donc allés écouter le Chef du Gouvernement qui tenait à leur donner les raisons et les objectifs visés par les récentes mesures d’austérité prises par son Gouvernement lors du Conseil des ministres du 21 juin 2018. Emmanuel Issozé Ngondet a expliqué que  »ces mesures ont été prises pour relancer l’économie gabonaise et pour booster l’investissement devant permettre de lutter contre le chômage ». Dans ce sens, il leur a dit que le Gabon restait ouvert à tout type d’investissement, et non plus seulement dans les secteurs du pétrole et du bois. Le chef du Gouvernement leur a également annoncé des dispositions seraient bientôt prises pour apporter plus de  »flexibilité » au Code du Travail actuellement en vigueur. Il a tenu également à les rassurer quant aux mouvements d’humeur des travailleurs…

Réputation de mauvais payeur pour le Gabon ? 

En un mot, le Premier ministre attend donc de ces pays et organisation des investissements massifs au Gabon pour la création d’emplois et la relance de la croissance. Dans leur majorité, les diplomates et fonctionnaires internationaux ont salué l’initiative et l’utilité d’une telle rencontre, et félicité le Gouvernement pour le plan d’austérité annoncé.

Toutefois, ils ont regretté que  »le Gouvernement ne paie la dette intérieure que par à-coups », selon l’un d’entre eux à l’issue de la réunion.  »Cela a pour conséquence de mettre le Gabon dans les mauvais papiers de la Coface et de voir sa note dégradée par des instituts comme Moody’s récemment ; cela freine les investissements étrangers, car les investisseurs potentiels font montre de suspicion, de circonspection et d’hésitation quant à venir au Gabon », un pays connu pour ne pas toujours tenir ses engagements.  »De même, la question judiciaire reste entière au Gabon », conclut-il. Le Gabon serait donc victime de sa réputation ? Quant au représentant d’une institution financière internationale ayant pris part également à la réunion,  »il peut paraître difficilement compréhensible qu’un Gouvernement qui ne paie pas ses dettes demande une présence accrue d’investisseurs sur son sol ». Une réaction qui traduit tout le scepticisme de la communauté financière internationale à l’égard du Gabon.

Les deux parties se sont promises de se revoir à intervalles réguliers. Une telle régularité pourrait permettre de briser les éventuels malentendus.

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