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Réduction de la Masse Salariale et des effectifs de la Fonction Publique: Les bénéfices iront–ils dans les secteurs prioritaires ?

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Les mesures dites d’austérité mises en place par le gouvernement ont fait couler beaucoup d’encre et de salive dans le pays. Quelques mois après leurs mises en  place par le gouvernement,  à travers  les différentes directions du budget et de l’économie. Le gouvernement  affirme qu’il y aurait eu une baisse des effectifs et une stabilité de la masse salariale. Du coup, la question des secteurs prioritaires, à l’issue de ce qui apparait pour le gouvernement comme étant des bons résultats, taraude l’esprit du Gabonais.

Selon le tableau récapitulatif de l’évolution   des effectifs de l’administration centrale, les effectifs de la fonction publique auraient connu, entre  le premier trimestre de l’année  2017 et le deuxième trimestre de l’année 2018, une baisse de 1971 fonctionnaires  pour se situer,  aujourd’hui,  à 85695 agents.  Une baisse des effectifs qui apparait, aux yeux de l’exécutif, comme étant des bons résultats, en cette période d’austérité. Ainsi, selon le tableau de l’évolution des effectifs de l’administration par département,  publié par la direction générale de l’Economie et de la politique fiscale, au premier trimestre 2017, les effectifs de l’administration centrale, de l’Economie, du développement, du transport, de l’éducation,  du sociale, et d’autres administration étaient de 87337 agents publics. Au deuxième trimestre de l’année 2017, elles étaient de 87 983,  et au quatrième trimestre de  l’année 2017, elles sont passées à 87 638. Au premier trimestre de l’année 2018, au lieu d’une baisse des effectifs des agents publics,  les effectifs ont une nouvelle fois connu une hausse,  pour se situer à 87694. Et depuis la mise en place des mesures dites d’austérité, les effectifs ont connu une nouvelle baisse, soit 85 723 agents publics. Cependant,  cette hausse ne devrait pas être considérée comme une victoire pour l’exécutif, car,  lorsqu’on jette un regard sur les effectifs des agents publics, au premier trimestre de l’année 2017, qui est de 87337, l’on constate pour le regretter, que  ces derniers mois, il y aurait eu des recrutements massifs à la fonction publique, au nez et à la barbe de l’exécutif.

S’y ajoute la stabilité de la masse salariale, au premier semestre de l’année 2018.  D’après la direction générale du budget et des finances publiques  (DGBFIP), après plus de deux années de hausse consécutive,  la masse salariale aurait connu une stabilité au premier semestre  2018, par rapport à la même période en 2017. Au premier semestre de l’année 2017, le traitement et salaires des agents publics était évalué à 365.4 milliards de fcfa, en 2018,  aujourd’hui, c’est  à 366.0 milliards fcfa,   soit une hausse de 0.2%. L’on constate également,  une hausse des effectifs de la main d’œuvre non permanente entre  le premier semestre de l’année 2017 et celui de l’année 2018, soit 29. 2 milliards de  fcfa en 2017, contre 34.5 milliards fcfa en 2018,  soit une augmentation de 18.3%. Une hausse qui devrait susciter des interrogations, quand on sait que, durant cette période, le gouvernement avait déjà émis son vœu de geler les recrutements, concours et mise en stages. Comment expliquer dès lors, cette hausse des effectifs de la main non permanente dans l’administration publique ?  Une question qui mériterait d’avoir des éclaircissements, pour démontrer aux populations le bien fondé des recrutements de la main d’œuvre non permanente durant cette période de crise et en pleine austérité.

Une chose est donc sûre, ce que l’exécutif considère aujourd’hui comme une «  petite victoire » ne l’est pas,  au regard des point d’ombre constatés dans certaines administrations. Reste à savoir si la réduction des effectifs  et la légère stabilité de la masse salariale ne donneront  pas des nouvelles envies, d’injecter de l’argent dans des projets non rentables pour le pays.

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