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Réduction de la masse salariale: Ali Akbar Onanga y’Obegue, et l’éternelle fuite en avant

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Ali Akbar Onanga; le ministre de la fonction publique(c)DR;

Interviewer par le quotidien gouvernemental, l’UNION du 16 juillet 2018, sur les dernières décisions du gouvernement,  relative  à la réduction du train de vie de l’Etat, le ministre de la Fonction Publique, Ali Akbar Onanga, en lieu et place des réponses claires sur le niveau élevé de la masse salariale  et le préjudice causé à tous les jeunes gabonais qui frappent aux portes de la Fonction Publique, a opté pour la fuite en avant et le saupoudrage.

La dernière sortie du ministre de la Fonction Publique, pour tenter d’éclairer la lanterne des fonctionnaires, n’a visiblement pas atteint les résultats escomptés. Le déclenchement des mouvements de grève dans plusieurs secteurs d’activités, illustre bien le mécontentement des  agents publics concernés par ces mesures. Ces mouvements d’humeur démontrent aussi que les raisons avancées par les membres du gouvernement pour justifier ces mesures, ne convainc que   l’exécutif lui-même. D’autant plus que, pour justifier cette décision et le niveau élevé de la masse salariale,   le Ministre de la Fonction Publique, a préféré faire des comparaisons avec d’autres pays d’Afrique centrale et de l’ouest, dont l’efficacité de l’économie et du secteur de l’entreprenariat n’est plus à démontrer. Pour ce dernier, « Au surplus, pour une population générale estimée à un peu plus de 1 800 000 habitants dans le dernier recensement , notre pays a un effectif d’un peu plus de 105 000 agents publics, soit un ratio effectif fonction publique /population  de 55 agents publics pour 1000 habitants » dit-il.  Une position que le ministre trouve anormale, comparativement à d’autres pays de la sous-région, à l’exemple du Cameroun qui compte 23 439 190 habitants, soit un ratio effectif fonction publique/ population de 13 agents publics pour 1000 habitants. Idem, pour le Congo voisin qui compte 5 125821 habitants, pour  150000 agents publics, soit un ratio de 29 pour 1000 habitants.  Des bons ratios pour les pays voisins, mais qui mériteraient que l’on se pose certaines questions, notamment en ce qui concerne cette hausse vertigineuse de la masse salariale et des effectifs de la Fonction Publique depuis dix ans, au Gabon.

En effet, au troisième trimestre 2016, la masse salariale du Gabon était en dépassement de plus de 20%, passant ainsi à 506,55 milliards de CFA contre 421,86 milliards de francs sur  la même période en 2015. Depuis 2017, celle-ci est évaluée à 710 milliards de fcfa. Pour justifier cette hausse de la masse  salariale, les autorités gabonaises mettaient en avant la progression de 21 % de la solde permanente et des effectifs de la main-d’œuvre non permanente ayant augmenté de 4 %.  Autre ambiguïté, dans les explications du gouvernement, est l’augmentation la dette publique depuis 2009 et le niveau élevé du chômage d’un peu plus de 30%, ces dix dernières années.  Qu’a- t-on fait des milliards issus des dettes contractées à l’extérieur ? Que dire du rôle joué par l’ancien secrétaire général du gouvernement auprès du chef de l’Etat, ces dernières années.

Pendant le premier septennat du chef de l’Etat, Ali Akbar Onanga, était Secrétaire général du gouvernement, par ricochet, patron de l’Administration gabonaise. Comment, lui entant que patron de l’Administration, n’a pas pu avertir  son chef, des risques liés au niveau sans cesse croissant des effectifs de la Fonction Publique ?  Aujourd’hui, le pays est en  crise, ce dernier demande aux fonctionnaires de serrer la ceinture. Une chose est sûre,  le climat délétère qui règne entre l’exécutif et les agents publics de l’Etat, n’est pas prêt de connaitre son épilogue. Sauf si, l’on voudrait faire croire aux Gabonais, qu’un audit  sur les richesses de certains membres du gouvernement va être fait, pour expliquer à ces derniers, comment un simple secrétaire général du gouvernement ou ministre dont les émoluments et traitements sont connus, a pu construire deux superbes villas hollywoodiennes dans un quartier résidentiel d’Akanda. Vous avez dit austérité ?

Aimé David Nguema

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