Nouvelle levée de fonds du Gabon sur les marchés internationaux ...

Nouvelle levée de fonds du Gabon sur les marchés internationaux Les difficultés des caisses de l’Etat se précisent

88
0
PARTAGER

C’est le moins qu’on puisse dire, depuis le lancement de la campagne électorale,  jusqu’à la crise post- électorale  qui s’en est suivie,  l’Etat a du mal à respecter ses engagements  vis-à-vis des agents publics, en dépit des levées  de fonds de ces deux dernières années.  Du coup, des problèmes de trésorerie de l’Etat  se précisent et deviennent une réalité  .

Depuis sept ans, les projets d’envergure au Gabon  ont été financés  par des emprunts. En 2009, la dette publique représentait 20% du PIB, soit 1368 milliards de fcfa,  depuis 2015.  Elle avoisine les 3 334 milliards de fcfa aujourd’hui.   Selon le FMI, elle représente  50,1% du PIB,  alors que le plafond national est fixé à 35%.  Une hausse d’endettement ayant entrainé des difficultés économiques  majeures, et permis de mettre en lumière  le manque de maîtrise des politiques de  l’endettement de l’actuel pouvoir.  Sept ans après, les infrastructures qui ont fait l’objet d’emprunts obligataires ne sont pas encore sortis de terre.

Peu de temps, juste avant le vote du 27 août  dernier, le Gabon a procédé  à une nouvelle émission de bons du trésor sur les marchés de la CEMAC, d’un montant de 8 milliards cfa,  et a récolté 11,750 milliards cfa, pour des taux d’intérêts minimums de 4,05 %, et maximum de 6,80%. Une semaine  après la proclamation des résultats provisoires par le ministre de l’intérieur, le 31 août dernier,  l’on apprend que la direction générale de la comptabilité publique et du trésor a procédé, sur le marché de la CEMAC,  à une émission de bons du trésor assimilables, pour un montant de 6 milliards de fcfa. Mais suite à la crise post- électorale,  elle n’a  récolté que 4 milliards de fcfa.

Un manque de réussite à mettre à l’actif de la crise post- électorale  qui sévit actuellement le pays. Mais également, du fait que plusieurs responsables des banques et autres institutions financières sont préoccupées par la tournure que prennent les événements au Gabon. Des événements qui pourraient avoir des retombées  très néfastes  si le contentieux électoral en cours ne penche pas du côté du peuple.  De ce fait,  plusieurs investisseurs ont refusé d’investir  dans un tel projet, sur le  marché de la communauté économique de l’Afrique Centrale (CEMAC), et ont préféré jouer  la carte de la prudence. Aussi, ces différentes émissions de bons du trésor arrivent au moment où les agents de l’Etat attendent impatiemment le payement de leurs primes. Raison pour laquelle les différents emprunts de ces dernières semaines suscitent des interrogations. Car, si tel est que, ces fonds doivent permettre de financer des projets porteurs pour le développement du pays, pourquoi un tel empressement, quand on sait que, le pays traverse une crise post- électorale ? Sauf admettre que, les caisses  de l’Etat sont véritablement vides, ce qui pourrait remettre sur la table, la question de la gestion des deniers publics dans le pays.

Depuis sept ans, le pays s’est lancé dans un processus d’endettement qui a souvent  été très fructueux pour l’actuel pouvoir, mais en retour  le peuple n’a jamais connu une amélioration de ses conditions de vie.  Voilà qu’en pleine crise post électorale, pour des fallacieux prétextes, la direction générale de la comptabilité publique et du trésor s’est à nouveau endettée, au lieu d’attendre la fin du processus et l’arrivée de la sérénité dans le pays. Toute chose qui laisse penser que  ces émissions de bons du trésor ont été réalisées à des fins électoralistes, et met en lumière ce  que plusieurs agents publics redoutent, depuis sept ans, c’est-à-dire, la banqueroute,  et le non paiement de leurs  salaires dans les mois à venir. Surtout, si l’actuel chef d’Etat n’est plus au pouvoir.

ADN  

 

 

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE