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Mise en œuvre de la task-force sur les Finances Publiques:Un tournant décisif pour le Gabon

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Après un mois de conclave au Cap- Esterias, les acteurs des Finances Publiques, ont remis,  la semaine dernière, les conclusions de leurs travaux au chef de l’Etat, Ali Bongo. Il en ressort que les effectifs des cabinets du président de la République, du premier ministre, des ministres, du secrétaire général du gouvernement, des autorités administratives vont connaitre une diminution.  Une mesure qui commence à susciter des inquiétudes, dans les cabinets ministériels.

A l’initiative du chef de l’Etat, Ali Bongo, « la Task-force sur les finances publiques », pourrait bien faire sauter le couvercle et engendrer des tensions sociales.  Car, non seulement elle va s’attaquer à la masse salariale qui touche directement les agents publics de l’Etat, mais, en plus, elle va supprimer les indemnités de fonctions et avantages de plusieurs collaborateurs des membres du gouvernement et des institutions du pays. Les prochaines semaines vont donc être tumultueuses pour les membres du gouvernement d’Issoze Ngondet.  Le dégraissage de la masse salariale,  la redéfinition des missions des agences, les  recettes, la fiscalité, la dette, la trésorerie, l’emploi, l’investissement sont, entre autres, les grands  enjeux sur lesquels repose désormais la politique économique nationale du pays.  C’est également à partir de ces éléments que le gouvernement compte trouver le remède idéal, capable de redonner une bonne santé financière    à l’économie nationale et améliorer le service public aux usagers.  Et parmi les grandes réformes attendues, il y a la réforme qui concerne le programme de la budgétisation par objectif de programme (BOP), à l’origine, selon certains économistes,  des dérapages et autres détournements de deniers publics.  Ce programme était censé permettre, un meilleur arrimage du budget de l’Etat aux politiques publiques, une plus grande responsabilisation des gestionnaires du budget de l’Etat et une recherche systématique de résultats préalablement mesurés.  Des années après, tous les ministres et les présidents des institutions constitutionnelles, en tant qu’ordonnateurs principaux de leurs budgets,  ont plus brillé par une gestion scabreuse des finances publiques. Les détournements enregistrés ces dernières années dans ces administrations publiques l’illustrent bien.  La constatation du service fait, qui relève des prérogatives  de  l’ordonnateur de crédit, a été rangée dans les tiroirs des ministères. Résultats des courses, l’Etat est aujourd’hui très endetté, parce que justement plusieurs administrateurs crédits n’ont pas constaté la réalité de la dette de l’Etat. La révision de ce programme, au même titre que celui de la masse salariale, qui, d’après les statistiques de la Direction générale de la comptabilité publique et du Trésor,  exécutée à fin décembre 2017, a légèrement décéléré de 0,1% comparativement à 2016 pour s’établir à près de 768 milliards de francs CFA. D’où la nécessité pour le gouvernement de procéder à sa diminution.  Toute chose qui pourrait bien provoquer des grincements de dents. En effet, la réduction de la masse salariale, notamment  le traitement du fonctionnaire, qui est composé entre autres, du salaire de base, des indemnités, et des primes, est le point le plus attendu par les agents publics de l’Etat, dans les réformes de la « task sur les finances publiques ».  Car, d’une part, les acteurs de la Finance Publique affirment qu’il est impossible de dresser un bilan d’ensemble sur l’état des finances publiques, sans toucher à la masse salariale qui serait, selon ces derniers, très élevée. D’autre part, les agents publics à travers leurs différents syndicats, refusent qu’une prime où des indemnités obtenues de haute lutte soient retirées.

Au regard de ce qui précède, les différentes mesures que le gouvernement va prendre les semaines à venir, vont être capitales pour l’avenir du pays. Le chef de l’Etat, qui est à l’origine de ces réformes, a entre ces mains une bombe qui pourrait bien mettre tout le pays en ébullition et conduire à des nouvelles tensions sociales.

 

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