Accueil Economie Ministère de l’Économie : Les primes de rendement qui font jaser !

Ministère de l’Économie : Les primes de rendement qui font jaser !

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Siège du ministère de l'économie/©DR.

L’enquête interne sur le montant global des fonds communs et primes diverses versées aux agents de ce ministère révèle que des  »personnes extérieures, voire inexistantes » auraient été alignées sur les listes des ayant-droits. 

Le ministère de l’Économie, de la Prospective et de la Programmation du développement, chargé des Partenariats Public-Privé, a réalisé, à la demande conjointe des autorités du département et des organisations professionnelles, un audit sur le montant global des primes octroyées aux personnels. Cela entre dans le cadre d’une volonté d’assainir le fichier des ayant-droits. Après les mouvements d’humeur récurrents que connaît l’Immeuble Arambo depuis plusieurs années, il fallait en effet examiner le dossier de fond en comble.

Mais avant d’y venir, comment en est-on arrivé là ? En fait, il semblerait que ce sont des suspicions de certains agents sur les effectifs réels qui auraient conduit les deux parties citées plus haut a mené cette enquête interne. L’audit n’a pas encore été publié, mais ce que l’on peut affirmer aujourd’hui, c’est qu’il semblerait que des  »réseaux intelligents » se soient formés au sein de ce département ministériel pour ajouter des noms, souvent fictifs, sur les listes des ayant-droits. Comme on l’a vu autrefois dans d’autres ministères octroyant des primes à des agents, et comme cela doit certainement encore exister aujourd’hui dans des départements ministériels à fortes ressources qui offrent de substantiels avantages financiers à leurs personnels (Pétrole, Budget, Mines,…), le ministère de l’Économie connaîtrait des pratiques de même type : le gonflement des listes.

Nécessité de mettre fin aux « réseaux intelligents »

Selon des sources proches du dossier, l’enjeu consiste à ajouter des noms sur la liste des bénéficiaires des fonds communs au secrétariat général et dans certaines directions générales et directions, et  »plus il y a de noms, plus grosse est l’enveloppe que l’on reçoit pour les collaborateurs », affirme un agent de l’une des directions générales incriminées. Avec ce type de comportements qui hypothèquent sérieusement toute volonté de réforme initié par le Gouvernement sous la conduite de Julien Nkoghé Békalé, il y a lieu, si tout cela est confirmé, de sanctionner les responsables de ces  »réseaux intelligents ». Parce que, faire perdre plus d’un milliard de francs à l’État, par des pratiques douteuses, est dangereux pour les caisses de l’État. En effet, en cherchant à gruger l’État par de telles pratiques, ces hauts fonctionnaires du ministère de l’Économie, comme ceux d’autres départements ministériels, prennent le risque d’aggraver les difficultés économiques et sociales qu’ils prétendent vouloir guérir. Cela constitue, à n’en point douter, un obstacle majeur sur la voie de l’assainissement des finances publiques.

Dans un pays où l’économie est de plus en plus fragile, la victoire des  »réseaux intelligents » serait du plus mauvais effet dans l’opinion. En réalité, dans le cas où ces pratiques seraient avérées, il apparaît nécessaire que des sanctions soient prises afin que de tels actes initiés par les responsables des  »réseaux intelligents » ne prennent pas le dessus dans le contexte actuel marqué par une volonté manifeste de  »sauver le pays ». La pratique du gonflement des listes fait perdre au pays des ressources financières d’importance qui pourraient servir à son développement. Il faut suffisamment de fermeté pour mettre fin à ces pratiques, à cette volonté de s’enrichir de manière illicite. La lutte contre les détournements de fonds devrait être la pierre angulaire des politiques publiques dans le domaine financier !

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