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Mesures d’austérité: On peut faire mieux que ces mesures discutables de réduction du train de vie de l’Etat

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Les membres du gouvernement/(c)DR.

Les institutions de BRETTON WOODS, et autres, ont leurs recettes  pour remettre l’économie d’un pays  malade sur pied. On le voit en Europe avec le cas de la Grèce. C’est vrai qu’il faut assainir les finances publiques en réduisant le train de vie de l’Etat.

 Pour cela, il faut à la fois raboter les dépenses et scier les branches mortes ou pourries pour régénérer  l’arbre. Mais, tout en le faisant, il faut aussi voir comment éviter à l’Etat des recettes qui lui échappent en rabotant les niches fiscales, en réduisant la dépense fiscale et en évitant l’évasion fiscale. Il faudrait aussi regarder  dans la réalité de la dette où il pourrait y avoir à boire et à manger. Les plus nantis devraient  supporter une sorte d’impôt des riches, par exemple une taxe sur les grosses cylindrées. Certainement, à ce  niveau, il y a beaucoup à gagner. Dans une réforme comme celle lancée par le Gouvernement Gabonais, il importe de ne pas donner l’impression que le petit peuple va en souffrir. Ou qu’une catégorie sociale en est le cœur de cible. Les fonctionnaires, même ceux qui ne sont pas concernés par le seuil des 650.000Frs, ne décolèrent pas moins pour avoir été touchés dans leurs droits et garanties liés à  la carrière. Ne pouvait- on pas faire autrement ?

A cette question, on peut répondre par l’affirmative en se disant qu’il y avait possibilité de réaliser des économies substantielles sur la taille du service public, en faisant des petites économies de bout en bout. On a suffisamment parlé de la suppression de certaines administrations. C’est le cas de la Vice-présidence  de la République, qui ne s’impose pas vraiment dès lors qu’il y a un Premier Ministre, et qui absorbe des moyens financiers importants en termes d’émoluments et de frais d’intendance. Cette fonction ne vaut que pour des considérations politiciennes sous les tropiques. La supprimer aurait constitué un signe positif lorsqu’on demande aux Gabonais de serrer la ceinture. A défaut, on supprimerait de façon drastique les avantages y attachés. Mais il y a également d’autres entités inutiles. Par exemple, l’art 49 de la loi 20/2005 du 3 janvier 2006 portant création, organisation et gestion des services de l’Etat prévoit que ‘’ les services du premier ministre autres que ceux relevant de la défense et de la sécurité nationales sont regroupés au sein du secrétariat général du gouvernement’’. Autrement dit, le secrétariat général de la primature n’a plus de raison d’être et l’on pourrait faire l’économie de ses frais de fonctionnement et d’investissement. C’est aussi le cas de la Médiature dont on recherche désespérément  l’utilité évidente. La liste pourrait s’allonger.

On attend donc du Gouvernement qu’il annonce des mesures de réduction sur la taille de l’Etat. De même, par crédibilité et pour l’exemple, le premier ministre aurait dû, dès le départ,  réduire la taille de son équipe gouvernementale pour y extirper tout au moins la moitié des ministres délégués et quelques ministres dont on pouvait aisément se passer. Les protéger comme  on le voit actuellement, revient à donner le sentiment d’une solidarité de caste. A vrai dire, les mesures gouvernementales de réduction de train de vie de l’Etat souffrent d’un déficit d’ambition. On pouvait aller plus loin sans soulever le tollé que l’on observe actuellement. Ce qui a manqué c’est le sentiment de justice et de transparence. Il faut  par exemple que le Ministre du Budget publie sa feuille de paie. Car, chat échaudé craignant le froid, on a appris il y a quelque temps qu’un ministre avait un salaire mensuel de 500 millions de francs. Les Gabonais peuvent effectivement souscrire à l’effort de redressement de nos  finances publiques, mais tout passe par le bon exemple, la persuasion, la justice, l’équité et la transparence.

 

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