L’économie gabonaise post coup d’Etat électoral . Un horizon incertain et autres...

L’économie gabonaise post coup d’Etat électoral . Un horizon incertain et autres ressources sol et du sous-sol

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L’économie gabonaise dépend, en grandes partie, du pétrole et autres ressources du sol et du sous-sol. Jusqu’à la dernière élection présidentielle, une relative, paix régnait dans le pays ; les investisseurs et divers créanciers y jetaient un œil intéressé, et l’Etat gabonais pouvait s’endetter. Dans une telle économie, le montant du crédit n’est pas uniquement déterminer par les facteurs comme l’exploitation de plusieurs puits de pétrole ou la vente de tonnes de grumes de bois et autres matières premières. Il peut l’être aussi par des évènements politiques majeurs tel que le Gabon est en train de les vivre.

La réputation de solvabilité d’un pays importe bien plus pour sa prospérité économique que le fait de disposer de plusieurs matières premières. Cette réputation de solvabilité indique la probabilité du pays à être à même d’emprunter et de rembourser. Outre donc les données purement économiques, ladite réputation tient compte de facteurs politiques, sociaux et même culturels. Un pays riche en pétrole, mais affligé d’un régime politique despotique, qui s’impose par la force, en perpétrant des coups d’Etat électoraux, où règne un état de siège permanent, doté d’instituions impopulaires et corrompues, ne peut qu’avoir une très mauvaise notation de crédit. De ce fait, il restera toujours relativement pauvre puis qu’il ne sera jamais capable de lever les capitaux nécessaires pour tirer  profit de sa richesse pétrolière.

Par contre, un pays dépourvu de ressources naturelles, mais où les élections sont organisées dans des conditions transparentes, avec possibilité d’alternance, toute chose faisant régner la paix et la stabilité politique, avec des gouvernants en lesquels se reconnaissent les gouvernés, un tel pays disions-nous, a toutes les chances d’être bien noté. A ce titre, il n’aura sans doute pas de mal à trouver suffisamment de capitaux bon marché pour se développer, en finançant des grands travaux d’infrastructures tout en se dotant de bons systèmes éducatifs, et sanitaire.

C’est là toute la différence qu’il y a entre un pays comme le Sénégal, pauvre en ressources naturelles, et le Gabon considéré jadis comme l’eldorado d’Afrique centrale, à cause de ses nombreuses richesses du sol et du sous-sol dont principalement le pétrole. Les deux pays ont presque accédé à la Souveraineté internationale au même moment, dans les années 60. Depuis lors, le pays de Léopold Sédar Senghor a connu 4 fois l’alternance au sommet de l’Etat, suite à des élections organisées dans des conditions relativement transparentes. L’expression ‘’Coup d’Etat électoral n’existe pas dans le jargon politique Sénégalais. En l’an 2000, Abdou Diouf s’était retrouvé presque dans les mêmes conditions qu’Ali Bongo Ondimba en 2009 et 2016. Les chiffres issus des urnes montraient qu’il avait perdu l’élection présidentielle mais les faucons de son régime lui conseillaient un passage en force. Il avait alors fini par écouter la voix de la sagesse, en s’emparant de son téléphone, pour féliciter son challenger, Me Abdoulaye Wade.

Quant au Gabon, cela fait près d’un demi-siècle qu’une seule famille règne sur le pays. Elle n’a accepté la démocratie multipartite en 1990 rien que du bout des lèvres. Depuis lors, elle organise des mascarades d’élections, assorties de coups de force, avec pertes en vies humaines,  pour sa pérennité au pouvoir.

Du coup, le Sénégal est paradoxalement en avance en termes de développement par rapport au Gabon. Et si Dakar présente des allures d’une vraie métropole, Libreville n’apparaît que comme un agglomérat de bidonvilles où s’entassent des populations dans une misère criarde.

Il y a donc un lien évident et organique entre les sphères politique et économique, même si les plus libéraux prétendent, sans convaincre que l’Etat ne doit pas interférer sur l’économie, que cette interférence se solde souvent par des investissements malencontreux. Pour eux, il faudrait que l’Etat se tienne à l’écart de l’économie.

Et pourtant, les faits montrent que la ressource économique qui compte le plus est la confiance en l’avenir. Et c’est au système politique qu’il appartient d’instaurer cette confiance par la démocratie, c’est-à-dire des élections, transparentes et crédibles pouvant se solder par l’alternance, gage de paix et de stabilité politique d’un pays.

K.B

  

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