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La fin du septennat ne sera pas reluisant : diagnostic est de l’honorable Patrick Eyogo Edzang

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Selon le Député de la Commune de Bitam, la période 2017-2019 ne s’annonce pas sous de bons auspices budgétaires, si davantage, Ali Bongo Ondimba s’impose de nouveau à la tête de l’Etat gabonais.

Il est convaincu que : «  ledit Etat ne dispose plus, en propre, de marges de manœuvre budgétaires ». Et il fait parler les chiffres, à commencer par les ressources propres de l’Etat, évaluées à 2040 milliards de francs CFA en moyenne sur cette période 2017-2019.

 Il souligne que « ces ressources suffisent à peine à absorber les charges de personnel estimées à 725 milliards de francs CFA ». Quand on y ajoute les dépenses de biens et de services, évalués à 275 milliards de francs CFA, et un service de la dette qui devrait s’élever à 707 milliards en moyenne, il en résulte que les charges hors investissement de l’Etat gabonais atteignent la bagatelle somme de 1980 milliards de F CFA en moyenne. Du coup, il ne peut plus investir qu’à hauteur de 60 milliards de FCFA en moyennant, soit à peine 3% de ressources projetées sur cette période.

Ainsi donc, souligne, toujours chiffres à l’appui, le député de la Commune de Bitam : «  sur la période 2017-2019, l’Etat ne dispose que de 180 milliards de F CFA de ressources propres pour ses investissements ». Les ressources d’investissement de la période étant évaluées à 1298 milliards de francs CFA, il va donc lui falloir s’endetter en empruntant 1.118 milliards de FCFA. Ce qui voudrait dire que 86 % de ses dépenses d’investissement seront financés par des emprunts.

Et l’honorable Patrick Eyogo Edzang d’en déduire que le Gabon « vit au dessus de ses moyens », tout en soulignant que : « l’endettement est le seul héritage que nous allons laisser à nos enfants ». La preuve, toujours selon lui : «  de la légèreté avec laquelle nos finances publiques ont été gérées depuis presque 7 ans ».

Il rappelle, pour mémoire, qu’ « en 2008, lorsque le Gabon allait si mal et que son économie était essoufflée, les ressources propres de l’Etat représentaient 1730 milliards de F CFA, les dépenses hors investissement 1524 milliards de F CFA, ce qui permettait à l’Etat de disposer de 206 milliards de FCFA, soit 12 % des ressources propres contre 3 % désormais pour financer ses investissements ». Toujours pour mémoire, il précise qu’ « en cette année 2008, les dépenses d’investissement d’un montant total de 274 milliards de FCFA étaient fiancées à 75 % par les ressources propres du budget de l’Etat ».

La dégradation de la situation de l’économie nationale est donc grave, a relevé Patrick Eyogo Edzang, et même : « catastrophique ». Une dérive qu’il a illustré par deux exemples : « l’existence depuis plusieurs années d’une charge budgétaire intitulée ‘’remboursement de TVA » ; puis l’accumulation d’arriérées de TVA pour des montants supérieurs à 100 milliards de F CFA sur un exercice budgétaire.

Il s’en explique : « La TVA est un impôt indirect supporté par le consommateur final. Cet impôt indirect est soit perçu par les services des Douanes, soit récolté par les entreprises qui la reversent au receveur des impôts. Dans le même temps, la TVA payée par les entreprises leur est remboursée par le receveur des impôts, car les entreprises ne payent pas la TVA ». et il conclut : «  l’existence depuis plusieurs années d’une charge budgétaire intitulée remboursement de TVA apparaît surprenante ». A propos des charges et arriérées, il ne pense pas moins qu’ « ’ils constituent un préjudice majeur pour les entreprises qui voient ainsi leur trésorerie confisquées par l’Etat en toute illégalité (…) »

Comme quoi, si l’aristocratie émergente voit ‘’l’avenir du Gabon en confiance’’ avec leur ‘’PSGE’’, l’honorable Patrick Eyogo Edzang est quant à lui, on ne peut plus pessimiste, au cas où Ali Bongo se maintiendrait, par la force, à la tête de l’Etat.

K.B

 

 

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