Jean-Marie Ogandaga : « depuis 2015, nous sommes passes a l’avancement au...

Jean-Marie Ogandaga : « depuis 2015, nous sommes passes a l’avancement au mérite , mais aucun fonctionnaire n’a beneficie de ce mécanisme » !

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La vie est de moins en moins rose pour les agents de l’État. Le Premier ministre vient d’annoncer, le 22 août dernier, que  »la masse salariale va être revue de manière drastique ». Le ministre de la Fonction Publique a, pour sa part, réfuté l’idée selon laquelle l’avancement automatique des fonctionnaires  -mécanisme qui permet aux agents de l’Etat de gravir les échelons et les indices- est bloqué depuis 3 ans. Pour lui,  »il n’y a plus d’avancement automatique, le Gabon est passé à l’avancement au mérite ». Mais le successeur, en octobre 2014, de Serge-Maurice Mabiala, n’a pas pu expliquer les déterminants de l’avancement au mérite…

Depuis son instauration il y a 3 ans, l’avancement au mérite n’a pas été mis en œuvre. Aucun agent de l’Etat n’en a, à ce jour, bénéficié. La nouvelle  »arlésienne » de l’administration gabonaise est toujours attendue. Verra-t-elle le jour ? Les fonctionnaires en bénéficieront-ils dans un avenir proche ? Ce sont les deux préoccupations qu’a portées Pierre Mintsa, Secrétaire Général du Syndicat autonome des Personnels des Affaires sociales (Sapas)  au ministre Jean-Marie Ogandaga. Lors d’un face-à-face qui l’opposait, dans le cadre de l’émission  »Le Ndzimba » diffusée vendredi dernier sur la chaîne publique de télévision, Gabon Télévision, Pierre Mintsa, qui dirige une organisation syndicale pourtant bienveillante à l’égard du Gouvernement, a interrogé Jean-Marie Ogandaga sur le blocage des avancements automatiques des agents publics. Dans sa réponse, le ministre de la Fonction Publique a affirmé que l’avancement automatique n’existait plus, et que  »l’administration gabonaise est passée à l’avancement au mérite ».

Pierre Mintsa a alors demandé à son interlocuteur de lui expliquer pourquoi l’avancement au mérite ne se faisait pas jusque-là.  »A quoi est due la non-faisabilité de cette réforme depuis 2015 et quels en sont les mécanismes ? », a lancé le syndicaliste connu pour son esprit d’ouverture. Là, l’ancien directeur de la Solde a eu beaucoup de mal à expliquer les mécanismes de l’avancement au mérite, préférant inviter le secrétaire général du Sapas à passer dans ses services pour s’en faire expliquer les modalités. En fait, ce face-à-face a été un moment difficile pour le membre du Gouvernement ; ce duel a d’ailleurs été sa plus mauvaise passe au cours de cette émission.

 »Tout est bloqué, et c’est le ministre qui est à la manœuvre En fait, comme la plupart de ses collègues, il a été  »bon » face aux journalistes qui lui posaient les questions, mais dès qu’arrive la phase consacrée au débat face à un interlocuteur quelque peu teigneux et incisif, Jean-Marie Ogandaga a été  »en-deçà » au cours de ce face-à-face avec un contradicteur. Pierre Mintsa qui n’en demandait pas tant a mis le ministre de la Fonction Publique mal à l’aise. Lors de cette phase, Jean-Marie Ogandaga, très en difficulté, s’est vu obligé de dire à son interlocuteur :  »le Nouveau système de rémunération, c’est vous qui nous l’avez imposé ». On a alors compris que ce nouveau système n’était vraiment pas dans les plans du Gouvernement. Réponse du Secrétaire Général du Sapas :  »Est-ce que nous vous avons obligé de le signer ? Nous étions en négociation (Négociations Gouvernement-Syndicats de décembre 2014 à Angondjé, NDLR) ». Pierre Mintsa a également interrogé le ministre sur le blocage des reclassements après-stage.  »M. le Ministre, aucun agent de l’Etat envoyé en stage n’a été reclassé après un stage vertical, à quoi cela est-il du ? ». Réponse du ministre de la Fonction publique : si vous me prouvez que ces agents ne sont pas allés d’eux-mêmes poursuivre leurs études et venir dire après qu’ils étaient en stage, je les reclasserai tout de suite. Il y a, à la Fonction Publique, une Commission (interministérielle) qui envoie en stage, et si on ne passe pas par elle, on ne peut être reclassé ».

En réalité, le ministre de la Fonction Publique a fait mine d’ignorer ce problème, mais il existe.  »Depuis deux-trois ans, des fonctionnaires envoyés en stage n’ont jamais été reclassés, et cela ne se fait pas dans le dos du ministre ; il est parfaitement au courant », indique un des responsables de Dynamique Unitaire, Louis Armand Mombo. Pour lui,  »tout est bloqué à la Fonction Publique, les avancements comme les reclassements ».

 »De même, l’avancement au mérite demeure une arlésienne », conclut-il. De plus, deux années après la mise en place du Nouveau système de rémunération, le Premier ministre Emmanuel Issozé Ngondet vient de faire une annonce qui ne manquera pas d’avoir des réactions dans l’opinion, à savoir  »la réduction drastique » de la masse salariale. Alors que le Gouvernement aurait pu réduire le train de vie de l’Etat en composant une équipe de 25 membres, au lieu des 38 actuels, et en supprimant certaines institutions de l’Etat, à l’exemple du Conseil national de la Démocratie.

NT    

 

 

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