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Interdiction d’acquisition des véhicules de plus de 30 millions et des voyages en classe affaires Qu’en est-il de la situation du Président de la République ?

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Dans la droite ligne des mesures visant la réduction du train de vie de l’Etat, le Conseil des ministres, du 29 juin 2018  dernier, avait  annoncé une série de mesures qui devraient permettre d’équilibrer et d’assainir les finances publiques du pays.  Parmi ces mesures d’austérité, figurent, en bonne place, l’interdiction de l’acquisition des véhicules administratifs de plus de 30 millions de francs cfa et de limiter les voyages  en classe  « affaires ». Le chef de l’Etat qui apprécie les voitures de luxes, en sa qualité  de chef de l’administration, est-il concerné par ces mesures ?

Le sentiment de colère et de désapprobation qui animent certains fonctionnaires qui seront touchés par ces mesures d’austérité, mérite que l’on se pose cette question, eu égard au changement de mode vie que l’administration est entrain de leur imposer.  Des mesures que l’on affirme être en phase  avec la volonté d’Ali Bongo Ondimba,  qui souhaite réduire considérablement le train de vie de l’Etat,  jugé  trop outrancier, notamment en ce qui concerne son parc automobile. Ce qui a donc amené l’exécutif à prendre la mesure visant «l’interdiction d’acquérir des véhicules de plus de 30 millions de francs CFA dans toute l’administration et autres services publics». S’y ajoute  la  décision d’interdire aux agents publics  « de voyager en classe affaires pour les déplacements en avion en dehors des membres du Gouvernement et assimilés, le reste des voyages s’effectuant désormais en classe économique », indiquait  le communiqué final de cette réunion présidée par Ali Bongo Ondimba himself.  Une décision qui venait mettre en lumière, la détermination du gouvernement  à aller au bout de sa perspective. Sauf que, lorsqu’on jette un regard sur les personnes concernées par ces mesures, l’on constate  que l’exécutif n’est nullement concerné par l’interdiction de l’acquisition des véhicules de plus de 30 millions de fcfa et la limite des voyages en classe affaires. Et ce, en dépit des discours du Directeur Général du budget et des Finances Publiques,  « le niveau le plus élevé en matière d’attribution  des véhicules administratifs reste 2016 avec 582 véhicules pour une valeur de 15,4 milliards FCFA. Ce volume de véhicules intègre les rétrocessions et les dons des véhicules au titre de projet.  Pour 2017 sur 167 véhicules immatriculés, 142 véhicules ont été achetés pour une valeur de 3,3 milliards FCFA. En 2018, l’on enregistre à fin juin 54 immatriculations, dont 32 véhicules achetés pour une valeur de 381,9 millions fcfa et 22 véhicules au titre des rétrocessions et dons. » a indiqué  Fabrice Andjoua Bongo Ondimba, Directeur Général du Budget et des Finances publiques.  

Des chiffres intéressants,  mais qui ne donnent malheureusement aucune information sur les marques  des véhicules et les personnes à qui ces biens de l’Etat ont été attribués. Surtout, quand on sait  que  l’amour pour les véhicules de luxe du chef de l’Etat n’est plus un secret. De ce fait, il ne serait pas étonnant de constater dans les documents de la Direction Générale du Budget et des Finances publiques que les véhicules qui ont coûté les millions de fcfa aux contribuables gabonais, appartiennent à certaines personnalités tapis dans l’ombre au palais du bord de mer.

Ainsi, le Directeur Général du Budget et des Finances publiques, qui voudrait à travers ces déclarations, démontrer que les montants des prix des véhicules ont connu une baisse ces dernières années, devrait dire aux Gabonais, à combien s’élève le montant des véhicules affectés au compte de la Présidence de la République et aux institutions de la République du pays pour être crédible.

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