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Infrastructures routières au Gabon : Quand le gouvernement confirme son échec

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©DR.

Le manque d’entretien et d’aménagement des routes de la capitale et de l’intérieur du pays, durant toute l’année 2018, est venu mettre en lumière les mauvaises décisions prises ces dernières années par les différents gouvernements d’Ali Bongo. En 2018, le bilan du département des Equipements et  des Infrastructures  se résume à la livraison de la section PK5-PK-12 de la Nationale I.

Christian Magnagna ne dort plus d’un sommeil apaisé, depuis que le problème des routes du pays fait les choux gras dans la presse nationale. Durant toute l’année 2018, le département dont il a la charge, n’a construit  aucune une nouvelle infrastructure routière, encore moins, aménager ou entretenir des tronçons existants. Dans la capitale, Libreville, le bilan de ce département ministériel se résume aux travaux de la section Pk5-PK12 sur la nationale 1 ;  le  projet de la route : Port-Gentil – Omboué, en cours d’exécution devant  permettre la jonction Port-Gentil-Omboué.   Ce sont les seuls deux grands chantiers du département des Equipements et Infrastructures en 2018. Le reste étant rangé dans les tiroirs dudit ministère.  Fort de ce constat alarmant, le ministre en charge des équipements et des infrastructures a opté pour la fuite en avant, en ramenant sur la table, les anciens projets et autres réalisations du gouvernement en matière d’infrastructures. « On a réalisé un certain nombre de projets importants et qui aujourd’hui permettent  la circulation des biens et services sur l’ensemble du territoire. En 2018, c’est surtout la route nationale 1 que nous sommes en train de livrer, notamment  la section PK5-PK12. C’est aussi le lancement du programme de réhabilitation des voiries urbaines de Libreville. Soit  112 voies qui vont être réhabilitées pour pouvoir apporter un confort aux populations de la capitale gabonaise ; améliorer  leurs conditions de vie et sortir de cette image des crevasses sur un certain nombre de rues. La capitale gabonaise mérite d’autres voies, et nous sommes en train de nous y atteler. L’autre point que nous pouvons aussi relever, concernant les infrastructures, est l’avancée de l’emblématique projet Port- Gentil- Omboué qui est en cours de finition », a indiqué le ministre, Christian Magnagna, en guise de bilan de son département ministériel pour l’année 2018, à nos confrères de l’Union.

Un bilan visiblement très mitigé eut égard aux budgets alloués à ce  département  ministériel. Toute chose qui laisse penser que le ministre de tutelle ne maitrise pas le dossier des routes au Gabon. La preuve, ce dernier a affirmé que la route PK12-Kango était entretenue régulièrement par l’entreprise chinoise adjudicataire, en attendant la mise en place de la convention de financement du projet, avec les institutions bancaires  chinoises. Lorsqu’on jette un regard sur l’état de cette route, l’on constate, pour le regretter, que la route PK12 – Kango ne subit pas d’entretiens réguliers. Les nids de poules, les flaques d’eau, et autres crevasses jonchent ce linéaire long d’à peine 80 Kms. Cet axe est aujourd’hui, un casse-tête pour les automobilistes qui désirent se rendre dans l’hinterland.  Un défaut d’entretien des routes qui proviendrait, à en croire le ministre, de l’insuffisance de ressources financières. Et pourtant, d’important  moyens financiers sont Mobilisés chaque année, à travers des emprunts et autres taxes sur le transport.

 Comment sont gérés les fonds pour l’entretien routier ?

Dans sa politique de réformes initiée en 2015, le gouvernement avait supprimé le Fond d’entretien routier (FER) pour renforcer les compétences de l’Agence nationale des grands travaux et des infrastructures (ANGTI).  L’Etat  avait la maîtrise d’ouvrage,  l’ANGT la maîtrise d’ouvrage délégué. Avec la suppression du FER, c’est désormais l’ANGTI qui s’occupe de tout ce qui concerne les équipements et infrastructure dans le pays. Résultats : ces dernières années, le pays a, plus en plus, de routes en très mauvaise état, notamment départementales. Celles-ci sont abandonnées à elles-mêmes.

Ainsi, dans le contexte actuel, marqué par la baisse tendancielle des cours du baril de pétrole et des réformes organisationnelles dans le secteur des finances publiques, de nombreuses questions subsistent et méritent d’être posées. L’ANGTI a-t-elle encore son  utilité dans le pays ? La redevance d’usure de la route (Rur) et toutes les autres taxes sur le transport  servent –elles  à financer  les infrastructures  du pays ?

Des questions qui mériteraient d’avoir des réponses, car, la route fait partie intégrante des grands critères de développement d’un pays. Le Gabon étant un pays qui aspire à l’émergence, à la route devrait être classés au premier plan des préoccupations des décideurs. En outre,  ces propos du ministre en charge de l’équipement, des infrastructures, et des mines, Christian Magnagna, contrairement à l’enthousiasme qui animait son patron, Ali Bongo, confirme le malaise du secteur routier et l’échec du gouvernement dans le domaine. Heureusement que le ministre a accepté d’assumer ce bila, plus que mitigé.

Triste réalité !

 

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