Accueil Economie Gouvernement: Alain-Claude Bilie-by-Nzé : un Minicom de plus en plus taiseux !

Gouvernement: Alain-Claude Bilie-by-Nzé : un Minicom de plus en plus taiseux !

PARTAGER
Le ministre d'Etat en charge de la communication; Alain Claude Bilie Nzé/(c)internet.

L’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique a révélé, dans ses pages Web du vendredi 22 décembre dernier, que, suite à la mise en examen, à Paris, de Maixent Accrombessi, ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, un de ses journalistes a joint le porte-parole du Gouvernement pour obtenir la réaction officielle du pouvoir gabonais sur cette affaire, mais Alain-Claude Bilie-by-Nzé  »n’a pas souhaité réagir ». Une attitude de réserve dont il n’a pas toujours fait montre… Que se passe-t-il donc ? Que peut signifier ce silence ? De nombreux observateurs se disent convaincus que cette attitude (nouvelle) de réserve est liée aux attaques dont il a été l’objet, ces dernières semaines, de la part de médias proches de son camp. Cela avait d’ailleurs amené notre rédaction à se demander si ACBBN était en disgrâce !

 

Dans l’affaire de la mise en examen de Maixent Accrombessi à Paris pour  »corruption passive d’agent public étranger »,  »blanchiment en bande organisée de corruption passive » et  »faux et usage de faux », l’hebdomadaire Jeune Afrique a voulu connaître la réaction officielle du pouvoir gabonais. Un de ses journalistes a donc joint le porte-parole du Gouvernement. Mais, devenu de plus en plus taiseux, de plus en plus réservé, Alain-Claude Bilie-by-Nzé a refusé de répondre. Pour dire vrai, il lui aurait été difficile de répondre sur cette affaire, alors qu’il venait d’être  »accusé » par certains membres de l’entourage présidentiel d’avoir liquidé celui qui était autrefois le directeur de cabinet d’Ali Bongo avec l’appui d’un  »ennemi du Palais », Robert Bourgi. Il les accuse à son tour d’avoir fait publier la correspondance querellée dans divers médias.

Mais, en même temps, cette attitude a de quoi surprendre de la part de quelqu’un qui avait toujours réponse à tout, qui répondait à tout sans état d’âme, débordant souvent le cadre de ses attributions quand il s’agissait de défendre  »l’autorité », que ce soit sur les (multiples) actes de naissance de celui-ci, sur ses chantiers inachevés ou abandonnés, et même dans le cadre des relations familiales du  »Chef » avec ses sœurs ou ses frères…Il intervenait sur tout. De plus, en sa qualité de chef de file du Mogabo, il ne s’en laissait jamais conter quand il trouvait le secrétariat exécutif du PDG aphone dans la défense du  »Chef »… Beaucoup dans l’entourage présidentiel trouvent qu’il surjouait la loyauté.

Ses adversaires sont  »intra-muros » et l’accusent de surjouer la loyauté à Ali Bongo, alors qu’il pactisait, selon eux, avec  »l’ennemi du Palais »

On constate tout de même, depuis plusieurs mois, qu’Alain-Claude Bilie-by-Nzé intervient de moins en moins publiquement. En dehors de ses activités gouvernementales ponctuées par des audiences et des séances de travail, ses conférences de presse ne se font plus systématiquement chaque semaine, comme autrefois. Au rythme de quatre à cinq par mois, ces rencontres avec les médias ont été réduites à une ou deux. Alain-Claude Bilie-by-Nzé est subitement devenu aphone, même lorsque des sujets d’actualité exigeraient qu’il réagisse. Est-ce par stratégie ? Souhaite-t-il se faire désirer dans la majorité ? Souhaite-t-il plutôt laisser le champ libre au nouveau porte-parole de la présidence de la République, Ike Ngouoni Aïla Oyouomi, très présent sur la scène médiatique depuis sa nomination en septembre dernier et qui est soutenu par le nouveau  »maître » du Palais, Brice Laurent Laccruche Alihanga ? En tout état de cause, il y a eu un changement chez Bilie-by-Nzé.

Selon certains observateurs de la vie politique gabonaise, Alain-Claude Bilie-by-Nzé semble avoir été profondément marqué par l’esprit et le ton de certains articles de presse émanant de son camp et (parfois) distillés dans d’autres rédactions de journaux. Un des hebdomadaires proches de la majorité est allé par exemple jusqu’à traiter le ministre de la Communication de  »vrai rigolo » au sujet du  »détournement supposé (ou avéré) de la subvention de l’Etat à la presse » dont il l’accuse. Un autre journal avait publié un fac similé d’une (supposée) correspondance adressée par Alain-Claude Bilie-by-Nzé à Robert Bourgi sollicitant l’appui de celui-ci pour dézinguer Maixent Accrombessi sur le dossier Santullo.

Ce silence et cette réserve sont-ils la manifestation d’une prise de conscience ?

Depuis toutes ces affaires, et malgré sa désignation, lors du dernier congrès du PDG, comme membre du Comité permanent du Bureau politique de ce parti (un poste éminent dans le PDG), Alain-Claude Bilie-by-Nzé fait profil bas. Pourtant, dans un passé pas si lointain, il s’était battu comme  »un beau diable » dans le dossier Kpatchavi-Ogouébandja-Bilie-by-Nzé, et s’en était sorti, après ce qui s’est révélé être le premier coup de ses adversaires  »intra-muros ». A bientôt 51 ans, l’ancien militant du RPG sent-il qu’il va vers un naufrage et que, de ce fait, dans son propre camp, il lui faudrait dorénavant porter un gilet pare-balles et un gilet de sauvetage ? Quand le ministre de la Communication devient taiseux et ne veut plus communiquer sur les sujets d’intérêt national, que faut-il penser ?  Celui que l’on dit sur jouer la loyauté a-t-il désormais des états d’âme ? Ou a-t-il pris conscience de certaines réalités politiques ?

M.N

 

 

 

 

 

PARTAGER