Gestion des Micro-Finances et des Banques au Gabon. Quid du rôle...

Gestion des Micro-Finances et des Banques au Gabon. Quid du rôle de la COBAC ?

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Depuis quelques années, plusieurs établissements de micro- Finances et des banques sont en proie à des difficultés, dans le pays. Et contre toute attente, la commission bancaire d’Afrique Centrale  (COBAC),   qui est chargée  de prévenir les défaillances des établissements de crédit de la sous région, semble dépassée.

Les établissements de Micro- Finances  et bancaires connaissent un repli net, de leur croissance depuis quelques années.  En cause, la délinquance financière, la mauvaise gestion  des dirigeants des établissements de crédits,  le non respect par l’Etat de ses engagements et la non intervention de la COBAC à un niveau élevé de l’activité économique. En effet, le secteur de la micro – finance et  des banques est entrain  de connaitre des difficultés financières et de fonctionnement au Gabon. Et lorsqu’un problème surgit où que les employés montent au créneau   pour dénoncer les difficultés que traversent leurs entreprises, ces derniers sont souvent surpris de constater que la structure chargée de surveiller et de contrôler  l’activité bancaire  dans le pays, donne souvent l’impression d’être également étonnée par les crises, et les difficultés financières qui surviennent au sein des établissements financières. Quand bien même,   son rôle premier  est, de prévenir les défaillances des établissements de crédit de la sous région. Des missions et prérogatives que la COBAC a du mal à assumer au Gabon. La preuve, en 2015, lorsque les employés de la Post Bank, avaient dénoncé les difficultés financières de leur entité, la structure était restée motus et bouche cousue. Nonobstant le fait que, les dirigeants de la Poste Bank, durant cette période, n’avaient pas respecté  le règlement  de la  Cobac R-93/06,  sur le ratio de liquidité, qui précise que «Les établissements de crédit sont tenus de respecter à tout moment, un rapport minimum de 100% entre leurs disponibilités et leurs exigibilités à moins d’un mois».  Résultats des courses, pendant plusieurs mois, la Post- Bank connaissait des problèmes de liquidité et il n’était pas possible pour les clients d’avoir accès à leurs comptes bancaires. Il a fallu attendre  2016, avec l’arrivée du nouveau PCA, pour savoir que la structure connaissait des difficultés depuis longtemps, et qu’il y aurait eu des malversations financières. Idem, pour le conflit qui oppose aujourd’hui, les responsables de la gabonaise de Micro- Finance et leurs employés. En 2015, comme pour la Poste Bank, les employés avaient dénoncé auprès de cette commission, les problèmes financiers qui secouaient la Gamifi, afin que la COBAC  règle  rapidement et de façon efficiente, le problème. Après une visite sur les lieux, les agents de la COBAC, n’ont pas pu contraindre les responsables de la structure à remettre les pendules à l’heure. Depuis lors, l’on parle d’une probable restructuration de la GAMIFI, et des possibles  licenciements. Un problème qui aurait pu être régler si, la Cobac faisait convenablement son travail. Des établissements de Micro- Finances et des Banques se retrouvent   désormais endettées, parce que des responsables véreux se sont lancés dans des détournements et à des malversations financières. Et pourtant, selon le règlement de ladite commission,  «  Elle peut exiger la communication de tout document, même confidentiel, étendre ses investigations à toute personne morale ou physique, institution publique ou privée domiciliée à l’intérieur comme à l’extérieur de la zone CEMAC ayant eu une relation avec l’établissement assujetti ».Précise son règlement. Dès lors, comment comprendre, qu’elle n’arrive toujours pas  à faire respecter ses règlements, aux établissements bancaires et aux autorités de certains Etats de la sous-région ?

S’agissant justement de cette puissance publique, dont devrait bénéficier la Cobac, il semble qu’au Gabon, ladite commission  aurait du mal à mettre de l’ordre dans le secteur de la micro- finance et des banques. Selon certains responsables des banques et des établissements de Micro -Finance,  les décisions de la Cobac, sont plus théoriques que pratiques. Pour Michelle, employée dans un établissement de Micro Finance,  la Cobac ne ferait pas  suffisamment  de pression sur les autorités, pour que les établissements de crédit  rentrent en possession de leur argent. « Nous sommes très endettés depuis des années,  parce que l’Etat nous doit beaucoup d’argent et la Cobac est informée de cette situation » a t- elle déclaré. Pour Jean gestionnaire dans une banque, le problème viendrait plutôt de l’Etat qui  ne respect pas ses engagements, en ce qui concerne les crédits accordés aux employés du secteur public. «  Nous avons des conventions avec l’Etat, nous accordons des crédits aux agents publics, les autorités font des prélèvements  et reversent l’argent directement dans nos comptes. Sauf que, depuis des années, l’argent est prélevé, mais rien ne rentre dans nos caisses. Cet argent se chiffre à des milliards de FCFA aujourd’hui ».

Des difficultés et des problèmes qui auraient pu faire intervenir la Cobac, pour  réduire le risque de cessation d’activité en perspective dans certains établissement de crédit où de micro-finance dont l’incidence sociale et économique pourrait s’avérer  catastrophique à bien des égards une fois encore, pour les employés et les épargnants.  Du coup, le rôle et les missions de la Cobac au Gabon, suscite des interrogations, au regard de la situation qui prévaut dans les établissements de micro finances et banques dans le pays, depuis quelques années.

ADN

 

 

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