Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS) : Réalité ou moquerie des générations...

Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS) : Réalité ou moquerie des générations futures ?

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Créé durant le dernier septennat d’Ali Bongo, pour disait-on, permettre au Gabon de développer de nouvelles filières capables de générer suffisamment de revenus pour substituer à ceux tirés de la production de pétrole, le Fonds gabonais d’investissements stratégiques, ex Fonds souverain de la République gabonaise, n’existerait que de nom aujourd’hui.

Avec un peu plus de 650 milliards de FCFA d’actifs, le FGIS est, depuis 2012, géré dans une opacité la plus totale. Aucun bilan, aucune information ou communication sur les revenus reversés et encaissés depuis quatre ans, pour dire comment il contribue au développement du pays et à la préservation des richesses des générations futures. Quand bien même des placements d’argent, des prises de participation dans le capital des entreprises au Gabon et à l’étranger, se sont déroulées, pour rentabiliser les ressources de l’Etat.

Cette structure est devenue championne dans l’achat d’action et de participation dans les grandes entreprises. En 2013, dans le secteur de  la pêche et de l’aquaculture, dans l’optique de relancer l’ex-société industrielle et frigorifique du Gabon, rebaptisée Gabon Seafood, ce Fonds a mobilisé, avec le mauricien Irland Blyth, près de 100 millions de dollars. Et en 2014, après des négociations tumultueuses, il avait racheté  les parts du Fonds central Africa Growth SICAR Fund, géré par l’investisseur ECP, dans la holding bancaire Oragroup, pour un montant d’environ 10 milliards de FCFA. Réparti comme suit : 2,66% pour le rachat du capital d’Oragroup auprès de CAGS, à hauteur de 3,6 milliards de FCFA et 6,4 milliards pour la souscription. Le FGIS s’était également investi dans l’écotourisme et la construction des infrastructures dans le pays. C’est ainsi qu’en 2016, sans aucune raison véritable, ses responsables avaient annoncé que cette structure devrait s’occuper de la résurrection du projet de ‘’la Marina’’ devenu ‘’la Baie des rois’’. Des financements de projets et d’achat d’actions dont les retombées restent jusqu’alors inconnues du contribuable gabonais, principal pourvoyeur du FGIS.

Dans le secteur de la pêche, en injectant de l’argent dans Gabon Seafood, cette structure se devait de développer une industrie halieutique, à travers la construction d’un chantier naval à Port-Gentil, la transformation du thon gabonais et la remise en état de l’usine de l’ex Sifrigab située dans la commune d’owendo. Après un démarrage en grande pompe, l’usine rencontre déjà des problèmes d’approvisionnement, alors que de l’autre côté, les employés revendiquent une revalorisation des salaires. Et, depuis son installation, la prise en compte des pêcheurs nationaux,  afin qu’ils deviennent de véritables partenaires, tarde encore à être effective. Dans le secteur bancaire, le FGIS préfère injecter des milliards destinés aux générations futures, dans des banques étrangères, telles qu’Oragroup. Pour l’aider à relancer ses activités  dans toute l’Afrique, pendant que Poste Bank, où sont domiciliés de milliers de Gabonais, éprouve toutes les peines du monde pour résister à sa chute qui, chaque jour, devient inéluctable.

Que dire des décisions du financement des projets au Gabon ? Pour une structure qui se veut sérieuse et dont l’une des missions est la préservation des ressources des générations futures, un regard minutieux et une étude bien huilée devrait être faite, avant de se lancer dans un quelconque financement, dont la rentabilité et les retombées suscitent interrogations et inquiétudes. Surtout que l’argent engendré devrait bénéficier aux générations à venir.

Sinon, comment expliquer le financement de cette fameuse ‘’ Baie des rois’’ par le FGIS, quand bien même ce projet a déjà englouti plusieurs milliards de nos francs, sans justification aucune. Les responsables de cette entité et ceux qui le nomment peuvent-ils révéler aux Gabonais quel est le montant déjà réservé pour l’avenir ? Cet avenir commencera quand ? Et comment l’Etat entend-il tirer bénéfice des projets financés, tout en expliquant le domaine d’utilisation de cette manne sensée permettre aux Gabonais de demain ( ?) de ne pas connaitre le contre coup de la gabegie actuelle ?

Pour beaucoup, ce Fonds, s’il est une réalité, est finalement destiné aux dirigeants actuels qui s’en servent à volonté. Et finira par devenir un mythe, pour les générations dites du futur.

ADN  

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