Face à la persistance de la crise socio-politique: Ali Bongo dans la...

Face à la persistance de la crise socio-politique: Ali Bongo dans la tourmente

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Persistance des grèves dans l’administration publique, cris de détresse des populations précarisées, brouille avec ses amis français d’hier, faillite économique du Gabon, guéguerre entre ‘’émergents’’ , pressions des dialogueurs pour la formation d’un nouveau gouvernement, retour en fanfare de Jean Ping…Un décor apocalyptique qui donne des céphalées à sa petite majesté Ali 10.

Alors que l’affaire Guildo Santullo, le promoteur italien du BTP qui n’arrête pas de réclamer à l’Etat gabonais 360 milliards de F CFA de dette sur des chantiers réalisés, continue de faire des vagues, voilà que les flancs d’Ali Bongo sont meurtris par les coups de boutoir assénés par ses associés français d’hier: (prénom) Attias et (prénom) Bolloré. Ces deux hommes d’affaires accusent Ali Bongo d’abus de confiance et lui réclament des milliards de F CFA au titre de réparation du préjudice financier subi. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, les trois complices mangeaient à la même table et jouaient au Nytendo ensemble. Ils se regardent en chiens de faïence aujourd’hui!

Mais les malheurs d’Ali Bongo ne s’arrêtent pas à si peu: l’épée de la Cour pénale internationale et du parquet de Paris est suspendue sur sa tête pour atteintes graves aux droits et à la vie des Gabonais, commises avant et après le 31 août 2016. Devant ces deux juridictions, l’ouverture d’enquêtes préliminaires sur ces crimes ne tardera pas.

Par ailleurs, le Gabon est empêtré dans une crise financière sans précédent, qui bloque une bonne partie de la machine économique et contraint le gouvernement à emprunter à tout-va pour colmater les brèches. Une telle situation ne pourrait plus perdurer au risque de déclencher une insurrection générale dans le pays. Mais que faire? Comment faire pour se sortir su pétrin, d’autant plus que la crise politique née du putsch militaro-électoral du 31 août 2016 est loin d’être éteinte?

Pour l’heure, Ali Bongo est en train de compter les coups. Et ces coups, malheureusement pour lui, ne font que se multiplier avec  l’intensification de la contestation chez les Gabonais de la diaspora, la guéguerre que se font ses partisans de l’’’emergence’’ pour le prendre en otage, associée à la pression qu’exercent sur lui les dialogueurs de l’opposition en vue d’une gouvernance collégiale, la fin de non-recevoir que ne cessent de lui opposer les plus hautes autorités françaises fraîchement installées au pouvoir, le retour en fanfare de Jean Ping et le discours à caractère d’anathème qu’il a prononcé le 26 juillet dernier.

Ali compte les coups et réfléchit sur la réplique ou la stratégie idoine pour se tirer d’affaires. Il se méfie désormais de tout le monde: ses propres collaborateurs en qui il a perdu confiance, pour bon nombre, et qu’il traque à travers l’opération Mamba pour les éloigner de lui, sans compter d’autres dont il est prêt à se débarrasser pour haute trahison, les dialogueurs de l’opposition auxquels la communauté internationale n’accorde pas le moindre crédit et avec qui il n’est pas près de partager le pouvoir exécutif.  L’hydre est en train de manger ses propres enfants.

Ali Bongo a-t-il finalement compris que sa survie, sa paix du cœur et l’accalmie du Gabon passent  par une négociation avec Jean Ping? Cette option n’est plus à exclure.

J.A

 

 

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