Education nationale L’Etat, mauvais payeur

Education nationale L’Etat, mauvais payeur

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Il y a quelques jours, le ministère de l’Education nationale a, dans un communiqué rendu public, décidé de renvoyer la rentrée des classes à une date ultérieure, évoquant des raisons logistiques.

En plus de ces problèmes techniques, il y a que l’Etat gabonais est, comme tout le monde le sait, un mauvais payeur. L’on se souvient qu’il y a plusieurs années, l’Etat avait signé des conventions avec des établissements secondaires du privé, pour orienter désormais des élèves du secteur public admis en 6e. Au regard du manque de structures d’accueil au public, justement.

Une aubaine également pour nombre de ces établissements privés, qui obtenait de facto une nouvelle reconnaissance de l’Etat. De même que des parents d’élèves avaient le sentiment que leurs enfants allaient apprendre dans un environnement  plus agréable, car certains de ces établissements présentent en effet, un meilleur cadre d’apprentissage.

Si dans les premières années, l’Etat essayait de respecter ses engagements, non sans difficultés, les fondateurs de ces établissements privés constatent avec amertume que depuis trois ans, aucun copeck ne leur est reversé, au titre des frais de scolarité. Une situation qui n’est pas pour aider ces établissements, au regard des charges qui sont les leurs. Et pour continuer à porter la croix de l’Etat, certains établissements privés ont décidé de rompre unilatéralement les termes de la convention. Ainsi, il est désormais imposé aux parents des élèves orientés dans leurs structures, de payer les frais d’écolage. Sans quoi, il n’y aura plus de place pour eux.

Une situation intenable pour nombre de parents, qui n’avaient jamais demandé que l’Etat envoie leurs progénitures au privé, où les frais de scolarité sont exorbitants pour leurs bourses.  Comment ces parents vont-ils réagir ? Le ministre de l’Education nationale, n’a d’autre choix que repousser la date de la rentrée des classes, éventuellement pour gagner du temps et essayer de colmater les brèches d’un pouvoir toujours en mode pilotage à vue. Surtout que ce n’est pas le seul dossier à solder pour espérer une rentrée scolaire paisible.

La transformation d’une dizaine d’établissements primaires en collèges, serait-il un palliatif de ces orientations en classe de 6? Si oui, a-t-on aussi prévu un plan pour les élèves qui apprenaient dans ces écoles ?

Comme on le voit, en voulant solutionner un problème, l’Etat en crée finalement d’autres. Dur, dur d’arriver au pouvoir par effraction !

Boris Biyoghe

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