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Que va faire le Gouvernement de l’embellie pétrolière ?

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Depuis trois à quatre semaines, le cours du baril de pétrolière a retrouvé des couleurs. Il se situe entre 52 et 60 dollars. Le Gouvernement retrouve donc une marge de manœuvre pour trouver des solutions aux nombreux défis qui se posent au pays : eau, électricité, routes, dette intérieure,… mais des observateurs doutent de sa volonté de mettre un terme à ces problèmes.

 »Lorsqu’il n’y avait pas la crise pétrolière entre 2010 et 2014, qu’ont-ils fait pour le Gabon ? Je ne pense pas qu’avec l’embellie actuelle sur les cours du baril de pétrole, ils vont faire quoi que ce soit », affirme un jeune Professeur d’économie de l’Université Omar Bongo de Libreville. Ce résumé de la situation économique du pays teinté de pessimisme est partagé par une large frange de l’opinion.

Et il est vrai que les belles années liées au pétrole (2010-2014) ont plutôt causé une hausse de la criminalité financière qui a fait dire à la Commission nationale de Lutte contre l’Enrichissement illicite (CNLCEI) qu’entre 2006 et 2012, il y a eu une évaporation de plus de 2600 milliards CFA des caisses de l’Etat.  »Le courage ayant manqué aux membres de cette institution pour ne parler que de la période 2009-2012, ils ont été obligé d’y inclure les années 2006, 2007 et 2008 », s’insurge un ancien membre de la CNLCEI pour qui la période 2009-2012 comporte plus de 2000 milliards de francs CFA de détournements…

Trop de détournements de fonds publics pendant les années fastes 2010-2014

De fait, les années fastes du septennat dernier d’Ali Bongo n’ont pas permis de créer des infrastructures pérennes, indispensables au développement durable (en dehors des stades de football), d’encourager et de simplifier les procédures pour drainer un grand nombre d’investissements dans le pays, ni d’initier des opportunités d’investissements publics et privés pour le développement du Gabon. Quand on compare le Gabon à d’autres pays comme le Congo de Denis Sassou Nguesso ou la Guinée-Equatoriale de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, on peut réaliser à quel point le retard de notre pays est frappant en de nombreux domaines !

Quand le Congo, le Tchad et surtout la Guinée-Equatoriale profitent de la manne pétrolière pour construire des infrastructures routières et immobilières et pour relancer leurs économies, mettre fin au chômage des jeunes, construire des logements sociaux, le Gabon n’a, en dehors des stades de football et du palais des sports de Libreville, bénéficié d’infrastructures opérationnelles tant dans le domaine de la route, des équipements sanitaires qui devaient suivre la construction des CHU, que dans l’adduction d’eau et l’électrification des villes et des quartiers.

Que l’embellie financière actuelle fasse que le pays emprunte enfin la voie du développement

Le gouvernement devrait donc, avec cette embellie pétrolière, partir d’une évidence fondamentale : il ne doit pas perpétuer son mode de gouvernance des années 2010-2014 ! Celui-ci n’ayant pas permis au pays d’avoir les infrastructures qu’il méritait. Le pays a besoin de renforcer son électrification et l’adduction d’eau, afin que chaque foyer, chaque famille, en bénéficie. Le pays a besoin de régler sa dette intérieure afin que la croissance revienne. Le pays a besoin de résoudre le sempiternel problème du transport urbain et de moderniser les voies de desserte des populations. Le pays a besoin d’avoir des logements sociaux afin que des agents publics et autres quittent les habitations insalubres. Le pays a besoin d’avoir des infrastructures de proximité, tels que les dispensaires et centres de santé à portée de main et, qui plus est, bien équipés en médicaments, bandes, sparadraps, bistouris, gants et consorts…

L’embellie actuelle des cours du baril de pétrole devrait donc permettre au Gouvernement de se mettre à l’ouvrage. Au lieu de dilapider ces fonds tombés du ciel, il devrait faire en sorte que cet argent permette au pays d’emprunter enfin la voie du développement.

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