Crise post- électorale au Gabon Coupure d’internet et écoute téléphonique comme...

Crise post- électorale au Gabon Coupure d’internet et écoute téléphonique comme moyen de tricher aux élections

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C’est le moins qu’on puisse dire, après la semaine tumultueuse vécue par  les populations gabonaises, à l’issue de la proclamation des résultats provisoires de l’élection du  27 août dernier par la CENAP.  L’accès  à internet et à toutes les communications  téléphoniques,  a été interrompu,  désorganisé. Les téléphones mis sur écoute. 

La crise post- électorale que traverse  le Gabon continue de fragiliser le tissu  économique du pays,  notamment en ce qui concerne l’accès à internet et aux réseaux sociaux. La connexion  et  l’accessibilité aux sites d’informations  posent  encore des problèmes  aux internautes.  Plus d’une semaine après  les  violences et les évènements du 31 août 2016,  cette  suspension d’internet,  suscite encore des interrogations. Depuis lors, les entreprises dont le bon fonctionnement des activités économiques, dépend d’une excellente  connexion internet, peinent encore à les démarrer. Le ministère de l’Intérieur, garant de la sécurité des  biens et des personnes, et l’autorité de régulation des communications électroniques et postes,(ARCEP) sont  toujours motus et bouche cousue.

Et pourtant, lors d’une interview accordée à une chaine télévision étrangère, le Chef d’Etat sortant, avait affirmé, la main sur le cœur, qu’internet ne sera pas coupé, et que les populations pourront continuer à communiquer comme d’habitude, tout au long du processus électoral. Une  semaine après la proclamation des résultats provisoires, le pays en est privé ainsi que des réseaux sociaux qui sont bloqués. Conséquences, les transactions financières ne sont toujours pas  possibles, toutes les personnes ayant tenté de faire des retraits où envoyer de l’argent à des proches n’ont pas pu le faire.

Que dire des appels téléphoniques et de la messagerie.  Le peuple gabonais a compris,  qu’il n’était plus en sécurité  et que ses faits et gestes sont suivis de très près,  par le service de renseignements  du pays,  qui travaille en étroite collaboration avec les maisons de téléphonie mobile. En bloquant internet,  les réseaux sociaux et la messagerie, l’actuel pouvoir, viole la liberté de la communication des internautes et porte atteinte à la liberté d’expression.

Selon certaines indiscrétions,  cette mesure a été prise pour  tenter   d’endiguer  les contestations,  et éviter la propagation d’informations à même d’ajouter de l’huile au feu.  La même tactique a été utilisée  au Tchad, au Congo Brazzaville, pour éviter que les accusations de fraudes  ne soient véhiculées à travers les réseaux sociaux.  En ce qui concerne le Gabon, c’est surtout les images et vidéos des personnes tuées par les forces de l’ordre, filmées par les populations à l’intérieur du pays et à Libreville, que l’on tient à cacher.  La propagation de ces images et vidéos pouvant confirmer les propos du candidat unique de l’opposition, Jean Ping,  sur le nombre de personnes tuées lors des émeutes et balayer d’un revers de la main les propos du ministre de l’intérieur.  Des dérives, qui témoignent du manque d’intérêt que les autorités gabonaises accordent au respect des droits de l’homme.

 

ADN

 

 

 

 

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