Le conseil gabonais des chargeurs: Un des fleurons de l’économie gabonaise, est...

Le conseil gabonais des chargeurs: Un des fleurons de l’économie gabonaise, est en grandes difficultés…

693
0
PARTAGER
DR.

Qui va sauver le CGC d’un naufrage programmé ? Comme toute entreprise en quasi-faillite, le Conseil Gabonais des Chargeurs connaît une passe financière difficile. Cela commence toujours par le non-paiement des salaires pour le personnel et par le non-paiement des factures des fournisseurs…

A ce stade, l’affaire est encore enveloppée de secret, et  »ce qu’on en sait ne peut être révélé qu’avec prudence », nous dit-on à Batavéa :  »certains établissements bancaires s’apprêteraient à retirer leur confiance » à l’entreprise logée à l’Immeuble  »Gabon 2000 ». Avec des conséquences difficiles à évaluer pour le moment, si cette information venait à se confirmer, le CGC verrait son parcours compromis et son avenir même menacé ! Question : les  »mauvaises » stratégies et les choix opérés par ses dirigeants vont-ils conduire le CGC dans le gouffre ?

En tout cas, le Conseil Gabonais des Chargeurs (CGC) se porte mal. L’entreprise vient de boucler son troisième mois sans salaire. Depuis quelque temps, les salaires sont difficilement versés au personnel. Le 24 septembre dernier, le personnel totalisait 3 mois de salaires impayés (juillet, août, septembre). Pour éviter des mouvements d’humeur dans cette  »maison » qui connaît une trêve sociale depuis quatre ans, l’équipe dirigeante a décidé le 29 septembre dernier de payer d’abord un mois de salaire aux agents… Les cadres attendront. Avec des conséquences difficiles à évaluer pour le moment, le CGC est une entreprise parapublique qui ne reversent pas de dividende à l’Etat. Son Conseil d’administration dirigé depuis 2009 par Lucchéri Ngayila paraît si impuissant et si complaisant que la direction générale fait très peu fi de ses résolutions.

Scepticisme général et ricanements à son arrivée à la tête de l’entreprise

En fait, aux commandes de l’entreprise depuis six ans, Liliane Nadège Ngari n’a pas mis fin, depuis ces années, au scepticisme général et aux ricanements qui avaient accompagné sa désignation à ce poste en 2011. En privé, de nombreux cadres dirigeants disent ne pas comprendre  »un management fait d’arrogance et de mépris » et d’une volonté de toujours  »écraser l’interlocuteur ». Les séances de travail, lorsqu’elles se tiennent, sont souvent de grands monologues. Par ailleurs, alors que sous Nguia Banda, les DGA disposaient de véhicules de fonction, les deux principaux collaborateurs ne sont dotés ni en véhicules, ni en carburant. Les fournisseurs n’ont pas, eux aussi, étaient payés depuis quelques mois. Pourtant, ses prédécesseurs, Martin Ngoua Obame, Noël Baïot Onanga, et surtout Alfred Nguia Banda avaient obtenu à l’arraché des moyens pour faire du CGC une entreprise solide et compétitive. Celui-ci avait mis en place un programme ambitieux, innovant et audacieux qui lui permit notamment de bâtir un siège social à l’entreprise, car l’Immeuble Gabon 2000 où est logé le CGC aujourd’hui est une propriété de la Caistab. Qu’en a-t-elle fait depuis six ans, Liliane Nadège Ngari, si on exclut les deux années pendant lesquelles elle était directeur général adjoint ?

Un beau fleuron de l’économie maritime, et de l’économie nationale tout court, est, semble-t-il, en train de couler. A tous les étages de l’entreprise, règne une grogne sourde, mais personne ne parle haut, de peur de se faire licencier. Le CGC va mal, et sa tutelle reste silencieuse.

Le bateau CGC va-t-il couler ?

Les députés avaient dénoncé, il y a quelques années, le fait que certaines entreprises parapubliques ne paient aucun impôt à l’État et ne rendent compte à personne. Le CGC faisait partie de ces entreprises. Toutes les recettes de l’entreprise sont versées dans ses propres comptes et à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), mais seul le directeur général  »gère » les finances de l’entreprise malgré la présence d’un agent comptable issu du Trésor public. Il faut savoir que chaque bateau qui entre dans les eaux gabonaises paie des taxes au Conseil gabonais des Chargeurs qui lui délivre  »un bordereau de traçabilité électronique ».

Le CGC ne devrait donc pas connaître de problèmes dans le domaine financier, en dépit du fait que l’État ne lui reverse plus de subvention. Ses difficultés sont plutôt dus, dit-on, à une gestion  »approximative » des ressources financières. Beaucoup trop de dépenses somptuaires, des voyages à l’étranger sans fin, et les émoluments de la principale responsable de  l’entreprise  sont au-delà du plafond qu’avait fixé le Gouvernement en 2010, puisqu’elle y ajoute des indemnités diverses !

Le bateau CGC va-t-il couler ? Nul ne peut répondre avec exactitude à cette interrogation. Mais du côté du personnel, on redoute aujourd’hui des licenciements massifs. Il craint d’être ainsi emporté pour des fautes qu’il n’a pas commises, lui le petit agent. Les cadres dirigeants, eux, pour la plupart, sont impatients de voir les choses changer, comme récemment à l’OPRAG et aux Impôts où les directeurs généraux sont restés en poste depuis plus de huit ans… Le CGC doit, au-delà de tout, changer son management. La question est de savoir si l’actuelle dirigeante est capable de se remettre en question et d’être enfin  »une chef d’entreprise ouverte et déterminée » ? Car tout n’est pas perdu…

N.T

 

 

 

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE