Accueil Economie Changement de statut de la Poste-Bank: Vers une nouvelle escroquerie ?

Changement de statut de la Poste-Bank: Vers une nouvelle escroquerie ?

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C’est ce à quoi ressemble ce changement brusque de statut de la poste  Bank, après l’organisation  de son Conseil d’Administration, le  jeudi dernier. La société para publique, se  mue  en établissement de micro Finance.  Un changement de statut qui suscite des interrogations, dans la mesure où le  budget de   fonctionnement  et le nombre sans cesse croissant  de ses employés demeurent un casse tête pour  ses dirigeants. D’où la question de savoir, Comment Michael Adandé, compte t- il faire fonctionner cette micro finance dénommée, Poste-finance ?

Une micro finance exige beaucoup de moyens financiers et une rigueur au niveau des ressources humaines. Les entités de micro finance présentes au Gabon et qui exercent dans le domaine depuis des années, ont pu résister à la crise actuelle grâce à cette rigueur et à la gestion rationnelle de leurs  ressources humaines. Deux aspects très importants, et qui ont concouru à la fermeture de plusieurs entités de micro finance durant cette période de crise économique.  La fermeture de la Gabonaise de micro Finance (GAMIFI) et de BR Sarl en sont de parfaites  illustrations. Les clients, les actionnaires et les employés de ces structures,  continuent de faire les pieds et les mains, pour tenter de rentrer en possession de leur argent. Pour le  cas spécifique de ces deux entités, la faillite, à en croire les employés, serait venue de la mauvaise gestion des directeurs qui, pendant des années, ont géré ces entités comme des épiceries familiales. Les grilles salariales et le personnel n’ont jamais pu être gérés convenablement.  Résultats des courses, les sociétés ont mis la clé sous le paillasson. Les directeurs  de ces sociétés sont restés depuis lors motus et bouche cousue. Les procédures judiciaires, pour escroquerie et abus de confiance en cours dans le pays, sont sans suite.  Ce qui ne peut que susciter des interrogations, après la décision du Conseil d’Administration de la Poste Bank, de faire de cette structure une société de micro finance, quand on sait que la Poste Bank est au  bord de la faillite.  D’ailleurs, son PDG, Michael Adandé, pour apporter des explications en ce qui concerne les motivations d’un tel changement de statut, n’est pas allé avec le dos de la cuillère, pour affirmer que  le capital que possède actuellement la poste, ne lui permet plus de pouvoir répondre de façon effective, à la demande de sa clientèle. La micro finance n’est pas la banque, mais la différence n’est pas grande. Car, toutes les banques dans le pays sont quasiment aujourd’hui dans le domaine de la  micro finance.  De plus, les banques semblent avoir  compris qu’il était mieux d’aller dans ce marché, pour engranger des revenus. Aussi, dans le domaine de la micro finance, il faut être proche de la clientèle et au lieu d’accorder des gros crédits à une seule entité,  l’on octroie des petits crédits à plusieurs personnes.  Sachant que la plupart des  agences de la poste ne fonctionnent quasiment plus, comment, Michael Adandé, compte t- il enlever cette épine du pied de la poste ? Eu égard à ce qui précède, et vu comment la poste fonctionne aujourd’hui,  l’inquiétude demeure.

De fait, une structure au bord de la faillite, avec des caisses quasiment vides, peut-elle prétendre être en mesure de satisfaire des clients dans le domaine de la micro finance ou la rigueur  de la gestion des ressources humaines et financière est la qualité première ?

C’est pourquoi, ce nouveau changement de statut de la poste Bank, ne  convainc pas certains. Car,  ce n’est un secret pour personne, ces dernières années, la gestion financière et des ressources humaines des structures où l’Etat à des actions, n’ont jamais pu fonctionner normalement. Les mauvaises habitudes, les clivages politiques et familiaux ont souvent pris le dessus sur  les dirigeants de ces entités. Raison pour laquelle, les bilans de gestion se font souvent à huit clos,  pour éviter certainement la divulgation des scandales financiers, au grand public. Ainsi, la Post Bank, qui est désormais dans les tiroirs de la poste, va devoir  se restructurer pour   espérer  offrir un service de qualité à sa clientèle et regagner la confiance des usagers.  Ce qui passe nécessairement par des efforts dans les  dépenses en terme de suivi, de fournitures de bureaux,  et surtout, de prise de conscience des dirigeants. Tout autre scenario ne pourra que concourir à une faillite et à une nouvelle escroquerie dans le domaine de la micro finance.

ADN

 

 

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