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Budget 2020 : Le projet de loi présenté devant le Sénat

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©DR.

Le lundi 16 décembre dernier, le ministre délégué à l’économie, Sosthène Ossoungou Ndibangoye, faisait face à la commission des finances, du budget et des comptes économiques du Sénat. Le but poursuivi était, ici, d’exposer le projet de loi de finances 2020, ainsi que les motifs de loi de règlement 2018. Comme il avait été présenté à l’Assemblée Nationale le 3 décembre dernier, soit treize (13) jours plus tôt, les prévisions budgétaires pour l’année prochaine ont été arrêtées, en ressources et en dépenses, à 3.330,77 milliards de FCFA contre 3.033,48 milliards de FCFA en 2019, soit une hausse de 297, 36 milliards de FCFA, à hauteur de 9,8%.

D’après le membre du gouvernement, pour ce projet de loi, les recettes de l’Etat sont réparties comme suit : 2.162,37 milliards de FCFA, pour les recettes ; 1.247,69 milliards de FCFA, en ressource de trésorerie et financement, soit respectivement 64 % et 36% de contribution au financement du budget. Par ailleurs, pour ce qu’il est des dépenses budgétaires, elles représentent 61% des dépenses de l’Etat pour un montant de 2.051,7 milliards de FCFA tandis que les charges de trésorerie et financement sont de l’ordre de 1.279,07 milliards de FCFA. Le projet de loi de règlement 2018 tient compte de l’exécution du budget de cet exercice – là. Selon le ministre Ossoungou Ndibangoye, il résulte de cette exécution un déficit de 48,3 milliards de FCFA.

La question persiste       

Comme mentionné dans de précédentes colonnes, ce que ce nouveau budget annonce est très alléchant et donne l’impression que de nombreuses attentes des populations vont enfin être prises en compte car ce ne sont pas les doléances qui manquent : presque tous les indicateurs sont au rouge, de nombreux secteurs éprouvent de sérieuses difficultés, comme celui des infrastructures, avec des routes peu ou pas entretenues ou qui ont besoin d’être bitumées ; celui de l’éducation , avec un déficit criard d’établissements de niveau primaire, secondaire ou supérieur ; ou celui de l’emploi, avec un taux de chômage qui reste encore très élevé dans notre pays, et qui frappe surtout les nouveaux diplômés. Et mettre un accent particulier sur la relance de l’économie est plus que salutaire car, comme chacun sait, c’est l’économie qui soutient la consommation des ménages, en dotant ces derniers d’un certain pouvoir d’achat. En ce qui concerne la dette, il serait bien d’éviter d’y faire recours systématiquement car il faut garder à l’esprit que c’est de l’argent qu’il faudra rembourser avec intérêts ; or le niveau actuel de l’endettement du pays – on parle d’un peu plus de 5.000 milliards de FCFA – va produire, inexorablement, des intérêts, de façon exponentielle, qui, si l’hémorragie n’est pas stoppée au vite, risque d’affecter plusieurs générations de citoyens gabonais.

Ce qui, en parlant d’augmentation significative des recettes, amène à se poser la question de savoir quels sont les mécanismes qui seront mis en place pour atteindre ces objectifs, quand on sait, qu’à l’instar des autres pays de la CEMAC, le Gabon reste très dépendant de la production pétrolière, et surtout, en se fiant à la note publiée récemment par l’agence de notation américaine Moody’s, la plupart des champs pétrolifères sont en train de s’épuiser. S’agit – il d’un plan visant, par exemple, à améliorer les recettes fiscales ? Enfin, en ce qui concerne le dernier point – la lutte contre la corruption -, s’agira – t – il de la formation d’agents ou la création de structures spécialisées dans la traque de délinquants financiers et autres « voyous en cols blancs » ? Parce que s’il ne s’agit que de moyens juridiques, ils existent déjà : ce sont les articles 5, 8 et 9 de la loi n°007/2003 du 7 mai 2003 portant sur la lutte contre l’enrichissement illicite !!!!!!!!!!!

Yohan Freddy NGUEMA ZUE  

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