Accueil Economie Bonne gouvernance au Gabon : La leçon Léon Mba Minko

Bonne gouvernance au Gabon : La leçon Léon Mba Minko

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Léon Mba Minko de son vivant/©DR

La Présidence de la République, sous feu président Léon Mba, n’avait jamais lésiné à mettre un point d’honneur sur la transparence dans la conduite des affaires, Nous sommes là, à une époque où le pays comptait, au sein du gouvernement, des ministres moins bien lotis en terme de diplômes de grandes écoles ou de grandes universités.

Sauf que, avec leur niveau d’études moyen, sinon relativement bas, les compatriotes qui avaient à cette époque la conduite des affaires publiques étaient, comme qui dirait certains « par miracle », dotés de grande valeurs et du sens très élevés du patriotisme et de la nécessaire bonne gouvernance. La construction de la résidence de feu Président Léon Mba qui surplombe encore à ce jour le carrefour qui porte son nom au 3e arrondissement de Libreville, en est l’illustration parfaite de la saine gestion de la chose publique de l’époque postcoloniale.

L’histoire rappelle que pour ériger cette bâtisse qui lui servira de domicile privé, Léon Mba se serait résolu à contracter un crédit auprès de la Banque gabonaise de développement (BGD). Pourtant, il aurait suffi, pour ce dernier, d’user des prérogatives que lui conféraient ses  hautes fonctions à la tête de l’Etat pour construire sa résidence.  Pour le président Mba, il n’était pas question pour lui de mettre la main dans l’argent de l’Etat, l’argent du peuple gabonais. De même que le président Léon Mba tenait à ce que le ministère en charge du Budget fixe en des termes clairs, le montant de ses émoluments de Président de la République.

Des sources dignes de foi, l’un des frères cadets du président Léon Mba, nommé à la tête d’une régie financière, avait été arrêté puis jeté en prison sur instruction de son grand frère président, pour s’être aviser à faire main basse sur les fonds mis à la disposition de la régie financière. Les mêmes sources indiquent que, malgré l’incarcération de son frère tenu responsable de malversation financières sur les deniers publics, le président Léon Mba mettra la main dans sa poche pour rembourser la somme d’argent indument prélevée des caisses de la régie financière par son cadet pourtant déjà fait prisonnier.

Hélas, cette époque de la bonne gouvernance réelle et du sursaut patriotique au cours de laquelle le Gabon aura fonctionné à peu près comme un Etat digne de ce nom, notamment en matière de gestion des finances publiques, est malheureusement restée loin derrière nous. Une situation qui peine à s’expliquer au moment où le pays regorge d’avantages d’intellectuels censés le hisser au concert des nations.

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