Après le coup d’Etat électoral d’Ali Bongo. Une reprise timide...

Après le coup d’Etat électoral d’Ali Bongo. Une reprise timide des activités économiques dans le pays

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Le calme précaire qui règne depuis la validation du deuxième coup de force  du petit monarque ne rassure pas plusieurs opérateurs économiques, qui ont préféré, rester chez eux, par peur d’être surpris par des émeutes. Et ce, en dépit du discours d’Ali Bongo, et  les assurances quant à la sécurisation des personnes et des biens.

C’est une ambiance étouffante, qui a prévalu à Libreville et dans les capitales provinciales, le 26 septembre dernier. En cause, la réélection d’Ali Bongo et  les risques que le pays  plonge  dans le chaos. Bureaux, boutiques, et petites et moyennes entreprises étaient, pour la plupart, fermées.  Les opérateurs économiques, les agents publics, au centre  de l’activité économique du pays, ont fait le choix de rester chez eux, en dépit des retombées néfastes sur la croissance, de leur entreprise et du pays. En effet, depuis le nouveau coup d’Etat électoral, les opérateurs économiques vivent avec la peur au ventre.  La joie de pouvoir reprendre le travail, tout en espérant des lendemains meilleurs n’y est plus.

C’est dire si la psychose est présente. Les événements du 31 août, sont toujours présents dans l’esprit de nombre de populations.  Surtout ceux qui ont perdu, leurs marchandises. Malgré les beaux discours d’Ali Bongo, et son appel au dialogue. Les commerçants et autres opérateurs économiques,  restent convaincus qu’à tout moment, le Gabon pourrait basculer dans le chaos, avec pour conséquences, la destruction de leurs biens.

«Sur une trentaine d’agents, seuls cinq sont à leurs postes. La plupart d’entre eux, se retrouvent à l’intérieur du pays  avec leurs familles pour fuir d’éventuelles émeutes », nous a indiqué, P.A,  patron d’une entreprise basée  dans la commune d’Owendo. Abou, jeune propriétaire de taxi, lui a profité de ce temps d’incertitude pour mettre son outil de travail au garage : «Il y a des amortisseurs, des plaquettes de freins et les rotules à changer. J’ai demandé au mécanicien de prendre son temps pour bien contrôler l’état mécanique du véhicule» précise-t-il.

Responsable d’une PME qui fait dans le bâtiment, Pierre, est bien présent à son poste. Mais affiche un scepticisme, quant à la lourde dette qui paralyse son activité professionnelle : «Malgré ma bonne volonté, j’ai du mal à faire tourner ma structure. Jusque-là, le paiement de la dette de l’Etat est toujours impayée. Pour combien de temps encore » s’interroge-t-il.

Les différents  comités mis en place par le ministre du Budget et des comptes publics, et les enquêtes menées sur le terrain par lesdits comités, dans l’optique de vérifier les travaux effectués par les entreprises, n’ont toujours pas donné de suite. Seules les entreprises,  qui ont assez de ressources  financières,  arrivent à faire la maintenance  des équipements, quand d’autres, ont tout simplement mis la clé sous le paillasson, tout espérant que les autorités vont payer la dette, après les enquêtes menées sur le terrain.

ADN

 

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