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Après BNP Paribas, Total sur le départ ?

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Le siège de Total Gabon à Libreville/(c)DR.

Source d’inquiétude supplémentaire pour les employés du secteur pétrolier, Total montre de toute évidence qu’il tient à réduire, au maximum, sa présence au Gabon. Dernier fait en date : la vente de ses parts (32,7 %) dans le champ Rabi à Assala Energy !

Total est-il en train de ranger ses bagages au Gabon sans état d’âme ? Un autre éléphant est-il en train de rejoindre le troupeau partant ? Pour de nombreux observateurs, le fait d’avoir désigné, il y a un peu plus de trois ans, un expert gabonais, Henri Max Ndong Zué, à la tête de Total Gabon était le premier signe de ce départ. Puis, année après année, la compagnie pétrolière a progressivement réduit ses activités, aussi bien à Port-Gentil qu’à Libreville, ses deux principaux centres d’activités.

Au début de cette semaine  -autre fait majeur et preuve palpable de ce  »déménagement »- nous apprenons que Total Gabon a cédé ses parts de Rabi, soit 32,7 %, à la compagnie Assala Energy (ex-Shell). Alors que les deux entreprises étaient entrées, il y a quelques semaines, en négociations secrètes, ces discussions ont donc abouti à une cession des parts dans le champ Rabi. Ayant longtemps soupçonné tous ces stratagèmes, les employés ont observé une longue grève ces dernières semaines. Le front social, dans l’entreprise, demeure en ébullition.

On le constate : les principales entreprises majores françaises installées au Gabon quittent astucieusement le pays. C’était d’abord, il y a quelques mois, la banque française BNP Paribas, alors principal actionnaire,  qui a cédé la quasi-totalité de ses parts (41 %) de la Banque internationale pour le Commerce et l’Industrie du Gabon (BICIG) au Fonds Gabonais d’Investissements stratégiques (FGIS), se contentant de ne garder qu’une portion congrue (6,9 %). Puis, à la fin de l’année dernière, une des filiales de Bouygues, Bouygues Services (ex-Seteg), a également, sans crier gare, quitté le Gabon.

Question : comment peut-on expliquer tous ces départs au moment où le pays est confronté à de nombreux défis économiques et sociaux ? En tout cas, nul ne l’ignore, il sera difficile de combler le vide laissé par ces départs. Parce que Total constitue la colonne vertébrale du secteur pétrolier, l’inquiétude est au maximum chez les Portgentillais qui vivent déjà le chômage et son corollaire, la précarité et la paupérisation. La question devient : le secteur économique gabonais va-t-il tenir durablement face à ces désengagements ? Qu’est-ce qui serait en cause ?

 »L’onde de choc provoqué par ces départs est loin d’avoir produit tous ses effets », s’inquiète un bon connaisseur du secteur économique national. A Libreville, et même à l’extérieur, beaucoup se demandent ce que deviendra le Gabon sans cette entreprise emblématique, Total, présente au Gabon depuis soixante ans ! Le départ de Shell en 2016 -cédant ses actifs à Assala Energy- avait déjà marqué les esprits dans le pays.

Aujourd’hui, à raison, les Gabonais, déjà éreintés par la mal gouvernance et tous ses travers s’inquiètent de plus en plus pour leur avenir. Ils se demandent en fait s’ils en ont un, alors qu’ils pensaient assister à une relance économique.

 

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