Ali Bongo devant le Parlement Ali, fier d’un bilan économique...

Ali Bongo devant le Parlement Ali, fier d’un bilan économique fictif

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Ali Bongo devant les parlementaires gabonais

Il ne pouvait en être autrement, face à un chef de l’Etat qui a du mal à faire la différence entre une infrastructure construite et celle en cours de réalisation ou réhabilitée.

Entre 2010 et 2015, le budget du Gabon a atteint des niveaux historiques, avec un pic de près de 4000 milliards de francs CFA en 2013. Durant la même période, plusieurs projets ont été inscrits dans la loi de finance, tels que la construction des écoles, des structures sanitaires ou encore des routes. La liste n’est pas exhaustive. Entre 2013 et 2014, le gouvernement avait annoncé la construction et la rénovation de 330 salles classes, dans l’ensemble du pays. Plusieurs années après, aucune salle de classe n’a été construite. Selon l’analyste économique Mays Mouissy, « à la faveur de la loi de finances 2013, le législateur a inscrit une dotation budgétaire de 9,86 milliards de francs CFA, destinée d’une part à la construction, la rénovation et l’équipement d’établissements scolaires du premier degré, d’autre part à la mise en place de la carte scolaire ». Avant de préciser : « les 9,86 milliards auraient dû être repartis comme suit : 80 nouvelles écoles pré-primaires et 250 nouvelles écoles primaires à hauteur de 5,63 milliards francs FCFA, 200 rénovations d’écoles pré-primaires et primaires pour un montant de 3,44 milliards de francs CFA, financement de l’équipement d’écoles primaires pour 300 millions de FCFA, les études pour la mise en place de la carte scolaire 500 millions de francs CFA ».

De l’argent qui était, durant cette période, affecté directement à l’Agence Nationales des grands Travaux et d’infrastructure (ANGTI), à travers son agence comptable. Mais sur les 9,86 milliards inscrits au budget  en 2013 et en  2014, pour la construction des infrastructures dans le secteur de l’éducation, l’ANGTI a bénéficié de  9,06 milliards. Or, après plusieurs études sur le terrain  et les révélations faites par les syndicats du secteur éducation, ces deux dernières années, il en ressort que le pays n’a pas bénéficié d’aucune nouvelle école.

Rien que pour ce secteur, pour un président qui voudrait jouer la carte de la franchise, Ali Bong devrait apporter des explications claires, pour permettre aux parents d’élèves et enseignants d’être édifiés, sur les raisons du manque d’écoles dans le pays. Et la destination des fonds affectés à ce secteur.  Tout comme il se devait d’expliquer pourquoi des élèves avaient fréquenté au l’amitié d’Agondjé, deux années scolaires durant.

C’est pourquoi, les nombreux Gabonais qui ont suivi le passage d’Ali Bongo à l’Assemblée nationale la semaine dernière, ont eu du mal à saisir son message.  Car les chiffres avancés,  les statistiques données en terme d’investissements consentis,  n’avaient rien avoir avec la situation que tout le monde constate aujourd’hui au Gabon. Beaucoup de téléspectateurs disent avoir eu le sentiment que le chef de l’Exécutif parlait, soit d’un autre pays dont lui seul connait la localisation, soit d’un pays qui n’existe que dans sa tête. Car à l’en croire, tout va bien dans ce pays, comme dans le meilleur des mondes. Avec des écoles, des hôpitaux, des dispensaires dans les provinces et des routes construites  dans l’ensemble du territoire national.

Toute chose qui montre que ce passage d’Ali Bongo à l’Assemblée nationale, n’a pas convaincu grand monde. Même au sein de ce qu’il peut encore considérer comme soutiens.

ADN

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