Accueil Economie Construction de la central Hydroélectrique FE2 Un véritable flou artistique !

Construction de la central Hydroélectrique FE2 Un véritable flou artistique !

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C’est ce à quoi ressemblent les multiples contrats de l’Etat gabonais avec  les différentes entreprises qui devaient faire de ce projet une réalité au Gabon. Plus de six ans après, sans un bilan exhaustif des précédents contrats et travaux, le Coordonnateur général du Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE),  Lyban Souleyman, vient d’annoncer le financement de ce même projet, par une nouvelle entreprise chinoise de l’ordre de 117 milliards de FCFA.   

Pendant plus de six ans, il semble que  les différents gouvernements d’Ali Bongo ont vendu du vent aux populations gabonaises, notamment celles  de Mitzic, au nord du Gabon. C’est le moins qu’on puisse dire, au regard des nombreux incidents et  problèmes  engendrés  par le projet de la centrale Hydroélectrique  F2,  ces dernières années.  Après une première signature et le lancement des activités et du projet en 2010, avec la compagnie de développement des énergies renouvelables (Coder), que l’on accuse  d’être à l’origine de l’arrêt en 2013 des travaux  et  du retard du projet. En 2014, dans le souci de le redémarrer, le gouvernement avait lancé, dit-on, un appel d’offre et, après étude des dossiers, le projet avait été confié à l’entreprise chinoise Gezhouba Group Company Limited (Groupe CGGC).  Les autorités gabonaises avaient alors affirmé, la main sur le cœur,  que l’expertise de l’entreprise chinoise n’était  plus à démontrer au regard de leurs nombreuses réalisations. Et s’agissant des 15% du financement de la partie gabonaise, le ministre Désiré Guedon avait rassuré  ses hôtes de la disponibilité des fonds et qu’il revenait aux autorités gabonaises de formuler les requêtes de financement auprès d’Eximbank pour disposer des fonds. Pour la première phase du projet, un contrat  avait été signé avec ETDE, filiale du groupe français Bouygues qui  devait  permettre, dit-on  la construction de la ligne de transport d’énergie électrique entre Mitzic-Oyem. En Février 2018, contre toute  attente, un nouvel accord a été  signé entre le groupe chinois TBEA et le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (FGIS), en vue de la relance des travaux de la centrale au fil de l’eau « F2 ». Le chinois TBEA a entrepris d’investir 180 millions d’euros dans le projet hydroélectrique FE2 près de Mitzic, soit environ 177 milliards de francs FCFA, a annoncé Liban Souleyman,  PCA de l’Agence nationale de la promotion des investissements (ANPI). La partie de la rivière concernée se caractérise par deux séries de chutes entrainant un dénivelé total de 88 mètres sur 2 150 mètres de distance environ, pour une puissance de 36  mégawatts. Des bonnes perspectives de développement certes, mais  qui ne sauraient échapper,  plus de six ans après le lancement du projet et la tenue, en 2011, des réunions entre  les banques telles que BDEAC, BAD, AFD, Banque Mondiale et la CODER, aux exigences d’éclaircissement pour éclairer la lanterne de nombreux Gabonais. Qu’a-t-on fait de l’argent qui a été injecté par les banques, après la réalisation du contrat entre le gouvernement et la CODER ? Et pourquoi, ce dévolu pour les entreprises chinoise, quand on sait que, l’expertise de la première entreprise n’a pas été un succès ? Quid de la présence du Fonds Gabonais d’Investissement Stratégique dans ce projet ? Des questions qui méritent des réponses.

Une chose est donc sûre, le gouvernement, notamment les différentes personnalités politiques qui ont participé aux différents contrats, qui ont englouti plusieurs milliards de nos francs, devraient donner les véritables raisons du blocage et du retard du projet. Mais également, expliquer comment les différents milliards injectés par les banques et les entreprises pour la réalisation de ce projet  depuis 2010 ont été gérés. En l’absence de clarifications sur la gestion des fonds de ce projet, tout autre investissement visant la relance du projet ne servirait qu’à créer le trouble dans la tête des Gabonais.

 

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