Accueil Economie Conseil municipal de Libreville : Les 25millirads qui font défaut à Ossouka

Conseil municipal de Libreville : Les 25millirads qui font défaut à Ossouka

PARTAGER
Précédent conseil municipal de Libreville/DR

Au terme de l’examen et adoption du compte administratif de la commune de Libreville, exercice 2017, il ressort que l’Etat gabonais confisque jusqu’à ce jour à l’hôtel de Ville de Libreville ses excédents budgétaires engrangés ces trois dernières années entre autres,  2015, 2016 et 2017 d’un montant de 25.234.391.167 FCFA.

 Un montant qui continue de hanter l’esprit de la mairesse, Rose Christiane Ossouka, surtout que le pays est plombé par une crise économique sans issue. Depuis le début de la présente mandature en 2014, la commune de Libreville enregistre des performances significatives et soutenues en matière de recouvrement de ses ressources. Qu’il s’agisse des recettes propres ou des impôts locaux recouvrés à son profit par l’Etat, les réalisations dépassent largement les prévisions budgétaires. A titre de rappel, ces performances ont permis d’apurer les déficits cumulés des mandatures précédentes et d’assainir la situation financière devenue créditrice de plus de 18 milliards de nos francs dans les livres de la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor. Toutefois, les dites performances se heurtent malheureusement depuis 2015, à de persistantes tensions de trésorerie consécutives à la crise économique et financière que traverse le pays. Il en résulte de faibles niveaux d’exécution des budgets primitifs successifs en dépenses de fonctionnement hors salaires et d’investissement qui se traduisent par l’accumulation d’importantes instances de paiement auprès de la Recette Municipale de Libreville.

De 2015 à 2016, le cumul de ces instances de paiement s’élève à près de 20 milliards de francs CFA. Cette situation s’est accentuée le 09 février 2018, avec le retour par le Receveur Municipal de Libreville de 407 mandats de paiement d’une valeur d’environ 5 milliards de francs CFA, pour non mise à disposition des ressources recouvrées par l’Etat au profit de la commune de Libreville.

 A noter que les ristournes concernent les impôts, droits et taxes recouvrés par l’Etat, reversés soit en totalité, soit partiellement, selon une clé de répartition fixée par le gouvernement. Elles constituent la part la plus importante des recettes budgétaires de la commune de Libreville. Ce qui traduit la forte dépendance de la commune vis-à-vis de l’Etat. Elles sont prévues à 18.530.030.666 FCFA en 2018 contre 16.259.824.596 FCFA en 2017, soit une augmentation de 2.270.206.070 FCFA.

Pour rappel, pendant les assises du PDG en avril 2009, le premier Ministre de l’époque, Jean Eyeghe Ndong, avait déclaré que le marché de Mont-Bouët, principal marché de la capitale gabonaise brassait annuellement 120 milliards de francs CFA. Une somme importante qui peut résoudre pas mal de problèmes à la mairie de Libreville. Malheureusement, l’hôtel de ville ne contrôle pas tout le marché qui est du reste divisé en plusieurs zones d’influences. Une bonne partie du marché de Mont-Bouët est sous le contrôle de certaines personnes privées, hautement placées qui, semble-t-il, bénéficient de passe-droits à l’instar de la Mère du Président de la République, Patience Dabany, propriétaire de plusieurs galeries du marché et de la société en charge du nettoyage depuis des décennies.

Une situation qui est interprétée comme un signe d’impuissance des pouvoirs publics. Et la pauvre mairesse élue, par défaut, à la tête de l’institution, il y a quatre ans, n’a que ses yeux pour pleurer. Proche du pouvoir et imposés par son parti à la Mairie de Libreville, Rose Christiane Ossouka Raponda est face au dilemme : sil elle ne veut pas subir les foudres de son camp politique, elle doit faire le mort durant le reste de sa mandature qui s’achève en février prochain. C’est aussi la conséquence de la façon dont on est élu maire. Subir le dictat de ses mentors. Quitte à échouer.


 

PARTAGER