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16 août 2017 Ali Bongo : « Aucune administration, je dis bien aucune administration ne devrait désormais être exonérée de l’effort collectif »

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Le chef de l'Etat gabonais lors de son discours à la Nation/DR.

C’est ce qu’avait dit Ali Bongo aux Gabonais, lors de son discours à la nation, le 16 août 2017. Un an après la mise en place des mesures d’austérité, ces propos semblent avoir été rangés dans les oubliettes du palais du bord de mer de Libreville.

Le chef de l’Etat, Ali Bongo et son gouvernement semblent ne plus être en phase avec  l’appel à l’effort collectif de toutes les administrations, lancé le 16 août 2017.  A quelques jours de la fête de l’Indépendance, les propos tenus par le Chef de l’Etat, l’année dernière, en vue d’un effort collectif des Gabonais pour faire face à la crise taraudent l’esprit du gabonais. 58 ans que les Gabonais ont pris la décision d’être maitres de leur destin et de leur indépendance. Une Indépendance qu’ils ont du mal à vivre, à cause des nombreuses dérives  du pouvoir et de la violation de leurs droits. Et pour tenter de ramener la sérénité et gagner la confiance du peuple, qu’il a rejeté lors de l’élection Présidentielle de 2016, Ali Bongo a prôné la réconciliation en organisant  un dialogue politique.   Tout en demandant aux Gabonais de ne plus se réjouir du malheur d’autres Gabonais. Un vœu qui s’avère être très contredit aujourd’hui, eu égard à la souffrance infligée aux détenus politiques et à leurs familles depuis la dernière élection présidentielle d’août 2016. L’ancien député Bertrand Zibi interpellé le 31 août 2016, l’activiste Landry Washington et les hommes politiques tels que Pascal Oyougou, Frederick Massavala, illustrent bien ces faits.

« Il n’y a pas un Gabon de la Majorité et un Gabon de l’Opposition, encore moins un Gabon d’ailleurs. Le mal que nous pouvons faire, nous le faisons à nous-mêmes, aux Gabonais et à notre Gabon. A ce Gabon Uni, Indivisible et Immortel que nous ont légué nos devanciers, et qu’à notre tour, nous léguerons à nos enfants. Ce Gabon, nous devons l’aimer plus que nous-mêmes, plus que notre ethnie, plus que notre province, plus que chez les autres. Construire les fondements de notre Liberté, c’est aussi œuvrer à l’émergence de notre pays, en puisant dans nos valeurs traditionnelles et notre patrimoine culturel, tout en bâtissant une économie moderne, forte et diversifiée », avait déclaré Ali Bongo en Août 2017.  Quid des divisions et de la haine vis -à -vis des Gabonais, notamment à l’endroit de ceux qui ont fait le choix de soutenir Jean Ping, à la dernière élection présidentielle d’août 2016 ? Des propos qui semblent être bien loin des réalités actuelles. Idem, pour les mesures d’austérité, qui devaient toucher tous les secteurs d’activité, selon l’annonce faite par l’exécutif, le 16 août  2017.  « Vouloir toujours plus au détriment de l’intérêt général finit par affecter les fondements sur lesquels reposent notre prospérité, la performance de notre système éducatif et de santé, notre solidarité nationale et partant, notre vivre- ensemble. A cet égard, j’observe pour le déplorer que de nombreux compatriotes n’ont pas suffisamment pris conscience de l’extrême dureté de la crise qui affecte notre économie. Nous avons certes adopté un Plan de relance qui a obtenu le soutien du Fonds Monétaire International, pour autant, nous devons prendre conscience qu’il nous faut travailler d’arrache-pied pour réussir sa mise en œuvre. Pour y parvenir, nous devons modifier nos habitudes, taire nos égoïsmes et réduire le train de vie de l’Etat » avait indiqué Ali Bongo. Avant d’ajouter qu’ « Aucune administration, je dis bien aucune administration ne devrait désormais être exonérée de l’effort collectif. J’entends donc, pour ma part, répondre présent au rendez-vous de l’histoire qui se construit car j’ai conscience de mes responsabilités et de mon rôle dans l’impulsion de cette dynamique du changement attendue par le plus grand nombre d’entre nous. ». Un an après, il semble bien qu’Ali Bongo et son gouvernement ont balayé d’un revers de la main tous ces propos, qui sonnaient comme une véritable révolution en matière de gestion de deniers publics. En effet, depuis la mise en place des mesures d’austérité, le gouvernement a exclu d’entrée de jeu, les forces de sécurité et dépense de tout effort collectif dans la réduction du train de vie de l’Etat. Toute chose qui vient discréditer l’exécutif et sa volonté de rompre avec la discrimination et la division des Gabonais.  Une triste réalité, qui vient mettre en lumière le peu d’intérêt que les autorités accordent aux populations et à l’amélioration de leurs conditions de vie.

 

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