«Ma poésie est un bruit libre et sourd qui invite à prendre...

«Ma poésie est un bruit libre et sourd qui invite à prendre position»

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Benicien Bouschedy, en train de présenter son Livre , Silence de la contestation

De plus en plus, la littérature gabonaise se fait de nouveaux défenseurs, des auteurs qui se distinguent à la fois par leur énergie, la pertinence de leurs œuvres, la densité de leur courage et surtout la ténacité à poser des questions d’ordre ontologique; et cela dans une humanité dont le fonctionnement inquiète l’avenir de la postérité.

Et dans les rayons de chaque genre spécifique, la poésie se démarque ces derniers temps par des textes poignants qui s’acharnent sur le malaise sociopolitique des pays africains et s’attaquent même aux conditions d’existence de toute l’humanité. C’est le cas du dernier poème très virulent, riche en images et de colère, Silences de la Contestation, du jeune écrivain Benicien BOUSCHEDY parut aux éditions « La Doxa » en mai 2016.

L’œuvre de l'auteur

Ce poème est  à la fois un acharnement sur la barbarie politique de certains dirigeants africains, leur manque de logique dans la gestion de leur peuple, la désillusion de la démocratie dans une Afrique où les indépendances ont du mal à s’affirmer, la traduction du bâillonnement des libertés dans certains pays, mais également la défense des droits des opprimés, la revendication de l’humanité des damnés que les dictateurs méprisent, la colère des martyrs, la contestation de leurs conditions humaines «Que le drame des constitutions personnalisées dans leur charme, ont fait des  mécontents

Les indignés qui n’obéissent plus

Ils ne pipent plus l’obéissance parce que l’auteur, en a marre de cette souffrance programmée des peuples. Et il le dit: «J’ai la nausée pour ces erreurs de gestions politiques qu’on nomme démocratie» (page 43). Pour justifier la portée de cette poésie qui fait «jaser» sans peur ni retenu, avec des mots crus et froid, le jeune auteur originaire de Malinga (Ngounié) a  affirme: «Ma poésie est un bruit libre et sourd qui invite à prendre position. Ce n’est pas un chant de guerre, mais un cri qui interpelle à la fois les victimes des injustices et leurs bourreaux. C’est un appel à la responsabilité humaine. Une adresse à la jeunesse qui se perd dans un positionnement aveugle qui le prive de sa réelle puissance à rêver des meilleurs lendemains. Ce livre est certainement l’ensemble des frustrations des populations privées de voix, que les plus forts obligent à se taire. Voilà pourquoi j’ai d’ailleurs choisi de l’intituler Silences de la Contestation. Que nos dirigeants sachent que désormais les silences des peuples ne sont plus approbation ou acceptation de leurs projets immondes sans sens, mais une contestation. Nous savons tous cette maxime: « on répond aux imbéciles par un grand Silence ».».

Et quand il veut parler de l’échec des politiques africaines transformées en dictatures au 21ème siècle, Benicien BOUSCHEDY mentionne avec dextérité: «Je monte les faims des corbeaux sous la vigilance des aigles tirant les sabots du cheval décapité». C’est dire que ce bruit libre et sourd est plus qu’une contestation politico-socio-intello-culturelle. C’est ce genre de texte qui fait à la fois la fierté de la littérature gabonaise, mais également qui annonce la naissance d’une nouvelle génération d’auteurs engagés qui militent pour les réelles valeurs de notre humanité.

Aimé David Nguema

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