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Cabinet du Ministre du Travail Les collaborateurs de Carmen Ndaot, victimes de spoliation ?

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Carmen Ndaot, actuelle ministre du Travail/(c)internet.

Selon nos confrères du journal en ligne I-24 Gabon, Carmen Ndaot, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, et fille de Séraphin Ndaot Rembogo, exigerait que l’ensemble des membres de son cabinet reversent, chaque mois, 15% de leurs émoluments au parti politique créé par son père, le Parti pour le Développement et la Solidarité sociale (PDS),  »parce que c’est grâce à ce parti qu’ils sont là ». Qu’ils soient membres ou non de ce parti, les conseillers, secrétaires particulières, chargés d’études et autres doivent  »payer ». Spoliation, déni des droits, menaces de limogeage. Par ces pratiques, Carmen Ndaot donne d’elle-même et de tout le Gouvernement une image pitoyable. Il s’agit là d’un scandale auquel il faudrait très rapidement mettre fin. 

Est-ce parce qu’elle est une  »bleue » qu’elle n’a pas su s’y prendre ? Est-ce parce qu’elle est une  »bleue » qu’elle s’est montrée si brutale, voire autoritaire ? En tout cas, à peine arrivée au Gouvernement il y a trois mois, dans le fastueux décor de l’Immeuble interministériel de Batterie IV, Carmen Ndaot se signalerait déjà par des pratiques peu orthodoxes, par des comportements blâmables ! Selon I-24 Gabon, chacun des membres de son Cabinet doit participer à l’oeuvre d’édification du parti auquel elle appartient en reversant 15% de son salaire mensuel. C’est un scandale ! Quand on connaît le montant des salaires que reçoivent les membres des cabinets ministériels, dont certains atteignent 1.600.000 francs (brut), et quand on sait qu’un cabinet de ministre compte 30 à 35 membres (directeur de cabinet, chef de cabinet, neuf Conseillers, cinq chargés d’études, cinq chargés de mission, aide de camp et deux agents de sécurité, attaché de presse, chef du protocole, secrétaire particulière et deux secrétaires de cabinet, chauffeur particulier, secrétaire particulière du directeur de cabinet,…), c’est un sérieux pactole estimé à plusieurs millions de francs qui va être versé chaque mois dans les caisses du PDS, à travers ces fameux 15 % !

Un procédé condamnable : faire nommer des gens pour les spolier

Le problème est que le procédé est condamnable. Il ressemble à une spoliation des finances des collaborateurs. Il s’agit aussi d’un déni de droits. On ne laisse pas le choix aux collaborateurs d’apporter une contribution ou non, ils y sont obligés. Qu’ils aient ou non la carte de militant du PDS, ils y sont contraints par le ministre Carmen Ndaot qui aurait lancé en forme d’avertissement :  »les Conseils de ministres se tiennent toutes les semaines ; ceux qui ne donneront pas leur contribution seront virés ». En clair,  »vous devez vos nominations au parti auquel j’appartiens, il vous faut donc renflouer les caisses du parti ». Selon notre confrère cité plus haut,  »cette exigence s’étend jusqu’aux frais de mission ». Jusqu’aux frais de mission, on veut spolier, on veut dépouiller les collaborateurs par tous les moyens, alors que ceux-ci paient déjà impôts, retraite et contributions diverses sur leurs revenus.

Comme l’a souligné un journaliste indépendant,  »plus haut on est perché, plus on veut cueillir ; si certains membres du Gouvernement tapent dans la caisse commune, d’autres choisissent de taper dans le portefeuille des collaborateurs ; c’est visiblement le cas dans le dossier qui nous intéresse aujourd’hui ».

Quand ce n’est pas dans la caisse de l’Etat, c’est dans les poches des collaborateurs que certains membres du Gouvernement semblent vouloir aller chercher un supplément de subsides 

L’ancienne chargée des questions juridiques d’Azur veut se faire payer le fait qu’elle ait nommé des compatriotes à ses côtés. Pourtant, c’est grâce à ces personnalités qu’elle accomplit tant bien que mal sa tâche. Si elle était un peu généreuse, elle leur ajouterait des primes chaque mois dans les enveloppes  »fonds politiques » qu’elle perçoit chaque mois au Secrétariat Général du Gouvernement. Parce que sa formation et sa culture intrinsèques laissent à désirer. Un jour, on l’a attendu dire à la télévision :  »Il a s’agi pour moi de… »  au lieu de   »il s’est agi pour moi de… » Ce jour-là, beaucoup d’observateurs se sont interrogés sur la solidité de sa formation en droit. Bref, malgré son Master en droit, Mademoiselle Ndaot ne s’est pas toujours montrée à son avantage…Elle a, en tout cas parfois, laisser éclater ses connaissances approximatives sur un ensemble de sujets.

Dans son cabinet, c’est le choc. Une secrétaire de cabinet a confirmé l’information et s’est dite choquée par un tel procédé. Au-delà de l’image pitoyable que renvoie aujourd’hui Carmen Ndaot dans l’opinion, c’est l’image du Gouvernement tout entier qui est avilie. Cette pratique peu orthodoxe doit ne pas faire tâche d’huile. Surtout, si elle ne met pas fin à une telle dérive, sa hiérarchie doit y mettre un terme. La spoliation, le déni des droits des collaborateurs et les menaces voilées de limogeage ne peuvent constituer l’expression d’une bonne collaboration. Pourtant, jusqu’à cette décision traumatisante, il y avait entre le ministre et ses collaborateurs de l’amitié et un respect mutuel. Beaucoup, dans le Cabinet, espèrent que le ministre Carmen Ndaot saura faire amende honorable après cette décision maladroite…

 M.N

 

 

 

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